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Nicolaes Maes

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre hollandais (Dordrecht  1634  – Amsterdam  1693).

Élève de Rembrandt v. 1648 à Amsterdam, il demeure à Dordrecht de 1654 (date de son mariage) à 1673, puis de nouveau à Amsterdam, où il trouve plus facilement des commandes. Entre 1660 et 1665, il séjourne à Anvers, où il rend visite à Jordaens et subit l'influence de Rubens et de Van Dyck.

Sa meilleure période reste celle des premières années, quand il exploite avec originalité et largeur la leçon de Rembrandt ; on ne peut préciser la date de son entrée dans l'atelier du maître, bien que cette activité doive se situer v. 1648-1650. Des tableaux religieux au clair-obscur puissant et au chaud coloris comme le Christ bénissant les enfants (Londres, N. G.), longtemps attribué à Rembrandt, comme l'ont été tant de dessins du jeune et précoce artiste, et l'Adoration des bergers (1653, musée de Montréal) accusent très nettement l'influence de Rembrandt. Bien vite, Maes trouve sa voie en se spécialisant dans la peinture de genre, où il utilise avec bonheur le style commun à tant d'élèves de Rembrandt : emploi de beaux rouges, matière assez lourde, lumière forte et simplificatrice éclairant vivement certaines parties du fond, goût du calme et du silence. Sur le plan psychologique, Maes s'inspire de la tendresse humaine propre à la période 1650-1660 de Rembrandt, sans éviter finalement l'écueil d'un sentimentalisme complaisant. Des années passées à Dordrecht datent la plupart des sujets qui firent sa célébrité, Fileuse (2 exemples du Rijksmuseum), Vieille Femme en prière, dite le Bénédicité (Louvre), Jeune Fille à la fenêtre (Rijksmuseum), de touchantes scènes de la vie familiale, l'Enfant veillant sur le berceau (Londres, N. G.), l'Éplucheuse de légumes (1655, id.) ou ce chef-d'œuvre qu'est le Bonheur de l'enfant, aujourd'hui à Toledo (Ohio, Museum of Art). Il faut signaler en particulier des toiles comme la Junon (1657, anc. coll. Six), la Servante paresseuse (Londres, N. G.), la Servante curieuse (1656, Londres, Wallace Coll.), l'Écouteuse (musée de Dordrecht), qui témoignent d'un goût remarquable pour les intérieurs calmes et les perspectives, et qui révèlent de nettes affinités avec le milieu de Delft : il est vraisemblable que Maes a connu les artistes de cette ville, et sans doute Carel Fabritius. Les mêmes qualités se remarquent dans certains portraits de ces années, comme le Jacob de Witt (1657) du musée de Dordrecht et ce mystérieux Homme au chapeau de Bruxelles (M. R. B. A.), tour à tour attribué à Rembrandt, à Vermeer, à Victors, à Drost et à Fabritius.

Nicolaes Maes devait se consacrer, à partir de 1656, de plus en plus au portrait, surtout après son installation à Amsterdam en 1673, dans une manière mondaine et recherchée qui diffère radicalement de la première. Des influences flamandes (Van Dyck), à la suite d'un séjour à Anvers v. 1660, et françaises s'y décèlent aisément et participent de la même évolution, baroque, théâtrale et aristocratique, qui caractérise Netscher, Mieris, Helst, Tengel dans le portrait, Kalf, Beyeren ou Weenix dans la nature morte, Lairesse ou Carel de Moor dans la peinture d'histoire. Les fonds de ses tableaux sont animés de draperies agitées ou s'ouvrent sur des paysages de rêve ; les personnages posent avec ostentation ; la lumière plus précise et froide insiste sur les plis des vêtements et des cheveux : des tons précieux, mauve notamment, orange, brun grenat, sont choisis avec prédilection. L'abondance des commandes faites à l'artiste explique que de telles effigies d'une facture minutieuse et fignolée se rencontrent fréquemment dans les musées ; pour ne citer que la France, signalons ceux de Nancy, de Toulouse, de Bordeaux (Portrait de femme, daté de 1680), de Rennes, de Soissons, du Louvre (coll. de Croÿ), ainsi que celui de Lille.