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groupe Madí

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Le groupe Madí est né de la rencontre à Buenos Aires des artistes Carmelo Arden Quin, originaire de l'Uruguay, où il a été l'élève de Joaquin Torres-Garcia, Gyula Kosice, Carlos Maria (Rhod) Rothfuss, et du poète Edgar Bayley. Ils publient en 1944 la revue Arturo, à laquelle succède, un an plus tard, la revue Invención. Ils y exposent les bases de leur art, qui sera abstrait et géométrique, matérialiste et dialectique. En peinture, l'artiste aura recours à la couleur pure, à des formes simples et absolument planes, ainsi qu'au cadre irrégulier, structuré en fonction de la composition picturale. En sculpture, il recherchera le mouvement réel par l'articulation de la structure. De plus jeunes artistes, acquis aux mêmes principes, rejoignent bientôt ce noyau dur : Tomás Maldonado, Gregorio Vardanega, Enio Iommi, Lidy Prati... Maldonado, qui a pris connaissance de la revue Art Concret, éditée à Paris en 1930 par Théo Van Doesburg, propose de joindre au vocable invención celui de concreto. La première soirée du groupe Arte Concreto-Invención a ainsi lieu le 8 octobre 1945 : des tableaux découpés et des sculptures mobiles y sont présentés, ainsi que les premiers " coplanals " de Rothfuss et d'Arden Quin, reliefs de formes géométriques situées dans le même plan et reliées par une structure articulée. Le groupe commence à se scinder dès l'année suivante : Maldonado crée l'Association Arte Concreto-Invención et publie la revue Arte Concreto, tandis qu'Arden Quin, Kosice et Rothfuss organisent les premières manifestations du groupe Madí (août 1946), dont le nom est formé sur la contraction de matérialisme dialectique. Ils déclarent : " Madí apparaît pour fonder un mouvement universel d'art qui soit la correspondance esthétique de notre civilisation industrielle et de notre pensée dialectique contemporaine. " Ils veulent " créer un art d'esprit mathématicien, froid, dynamique, cérébral, dialectique ". En 1948, le groupe Madí occupe une salle au Salon des Réalités Nouvelles à Paris. À compter de cette date, l'histoire de Madí se déroule à la fois en Argentine, autour de Kosice, Rothfuss et Maldonado, et en France, où Arden Quin s'installe en octobre 1948, reformant un groupe Madí avec Juan Melé et Vardanega. C'est sous cette étiquette que la galerie Colette Allendy expose leurs œuvres en 1950, avec celles du Français Desserprit. L'exposition, complétée par les peintures de Georges Koskas et les mobiles de Chaloub et de Guy Lerein, passe ensuite dans la salle Espace des Réalité Nouvelles, organisée par Felix Del Marle. Au même endroit, en 1953, le groupe Madí expose encore des tableaux découpés (Arden Quin, Pierre Alexandre, Eric Leenhardt, Luis Guevara, Guy Lerein, Wolf Roitman), des mobiles (Arden Quin, Leenhardt, Ruben Nuñez) et des tableaux à vibration optique (Guevara, Nuñez). Le groupe Madí s'inscrit ainsi dans la continuité du constructivisme d'avant-guerre tout en anticipant, par l'inventivité et la grande originalité de ses créations, sur les tendances de l'art optique et cinétique. De nombreux artistes se réclament aujourd'hui encore du groupe Madí, des deux côtés de l'Atlantique.