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les Macchiaioli

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

C'est à partir du mot macchia (tache), qui leur servait à définir leur manière, que l'on désigna les peintres qui, à Florence, v. 1855, furent à l'origine d'un mouvement de rénovation antiacadémique au moment où le goût romantique évoluait vers le Réalisme. Aux principaux représentants du groupe — Fattori, Lega et Signorini — se joignirent De Tivoli, d'Ancona, Borrani, Cabianca, Banti, Sernesi, Cecioni et Abbati. Déjà, de 1848 à 1850, parallèlement à la recrudescence des passions politiques, se manifestaient des ferments de rébellion contre l'esthétique dominante, qui, d'abord néo-classique, avait adopté du Romantisme ses sujets, mais n'avait pas renouvelé son langage pictural ; ces velléités de révolte animaient les discussions du café Michelangelo, qui devait devenir le siège du mouvement et son symbole.

Ce ne fut pourtant qu'après 1855 que ces vagues aspirations antiacadémiques commencèrent à se concrétiser, à la suite des découvertes faites au cours de voyages à Londres et à Paris (à l'occasion de l'Exposition universelle), surtout par le Livournais Serafino De Tivoli, découvertes qui concernaient seulement les paysagistes de Barbizon (Troyon, en particulier) et la peinture, riche en contrastes, de Decamps, qu'on admirait et qu'on étudiait également beaucoup à Florence, grâce aux tableaux de la collection Demidov. La date de 1855 marqua, pour le groupe florentin, une prise de contact certaine avec les courants naturalistes européens ; cette orientation fut renforcée par Giovanni Costa, arrivé de Rome en 1859 et préoccupé de perpétuer le paysage européen de 1830. En outre, à partir de 1855, le tout jeune Diego Martelli s'était joint au groupe, apportant aux " tachistes " son soutien de critique et de mécène. Entre 1860 et 1870, à l'occasion d'études de scènes militaires, eurent lieu les expériences les plus fructueuses de paysages, exécutés d'après nature, où ces peintres étudiaient le clair-obscur et les rapports colorés afin de traduire les reliefs d'une manière plus synthétique. De cette étude de rapports colorés naquit justement la " tache ", qui sert à définir clairement les plans et s'articule sur la structure linéaire, dont la primauté, en tant que canevas indispensable, ne fut jamais mise en doute par les peintres du café Michelangelo. Ces artistes disaient que " le volume apparent des objets représentés sur une toile s'obtient en indiquant simplement le rapport des clairs et des sombres, et qu'il n'est possible de représenter ce rapport à sa juste valeur qu'avec des taches ou des touches qui le saisissent exactement " (Martelli). C'est ce qui contribue à donner aux œuvres des Macchiaioli l'aspect caractéristique de marqueterie colorée, de formes en clair-obscur fortement découpées, surtout évidentes dans les petits tableaux de Fattori (dont les plus célèbres sont la Rotonde des bains Palmieri [1866, Florence, G. A. M.] et la Vigie [1867, Rome, coll. Marzotto]) et dans les œuvres des paysagistes qui travaillaient à Pergentina, où Lega avait installé son atelier : Borrani, le Florentin Raffaello Sernesi, créateur d'imbrications lumineuses comme les Toits au soleil de 1862 (Rome, G. A. M.), et le Napolitain Giuseppe Abbati. Seuls Fattori et Lega furent fidèles à la peinture " di macchia ", même après 1880, alors que désormais d'autres peintres, tel Vito d'Ancona, avaient évolué depuis dix ans d'une façon différente ; tandis que Signorini et Cecioni jouèrent le rôle de théoriciens et de polémistes du mouvement, le Véronais Cabianca en donna une interprétation extrêmement colorée et le Livournais Cristiano Banti une version plus douce et estompée, héritier en cela du Romantisme. D'autres artistes, dont le plus célèbre est Boldini, pratiquèrent la technique des Macchiaioli.