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Morris Louis

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre américain (Baltimore, Maryland, 1912  – Washington, D. C., 1962).

Après des études au Maryland Institute of Art de Baltimore (1929-1933), il travailla à New York dans le cadre du W. P. A. Federal Art Project (1937-1940). En 1947, il s'installa à Washington (D. C.) et enseigna l'art dans différentes institutions. Il participa, au tout début des années 50, à l'Expressionnisme abstrait, mais de façon marginale. Il suivit alors cependant avec le plus vif intérêt le développement de la carrière de Pollock. En 1952, il se lia d'amitié avec le peintre Kenneth Noland, qui lui présenta l'influent critique Clement Greenberg à l'occasion d'un voyage à New York en 1953. Celui-ci s'intéressa à son travail et l'inclut dans l'exposition Emerging Talent à la Kootz Gal. (1954). En sa compagnie, Louis visita l'atelier de Frankenthaler, où il vit la toile Mountains and Sea (1952, Washington, National Gallery of Art), qui le décida à utiliser la même technique d'application de la couleur par immersion de la toile dans des bains de pigment. C'est ainsi que, en 1954, il crée sa première série de Veils, toiles qui reprennent de façon plus radicale la technique du staining (teinture). Les couleurs se déposent en voiles successifs d'une épaisseur impalpable, se chevauchant les unes les autres mais sans créer la moindre profondeur (Dalet Nun, 1958, Humlebeck, Louisiana Museum). Dans la seconde série des Veils (1958-59), la peinture est devenue plus dense (Saraband, 1959, New York, Guggenheim Museum) et elle s'épaissit encore dans la série des Unfurbed, où des bandes de couleurs ruissellent en obliques de chaque côté de la toile, parallèles les unes aux autres et séparées par des blancs non préparés. (Alpha, 1960, Buffalo, Albright Knox Art Gal.). Dans la dernière série, appelée Stripes, ou Columns, de 1961-62, des bandes de couleurs pures s'alignent les unes contre les autres au centre d'une toile nue. Ces bandes peuvent être horizontales, verticales (Third Element, 1962, New York, M. O. M. A.) ou diagonales (Equator, 1962, Washington, D. C., Coll. J. C. Eisenstein).

Au cours de ses recherches, Louis fut amené à considérer la couleur non pas comme le contenu d'un dessin linéaire, mais comme un phénomène physique apparu au-delà des limites mêmes de la toile et qui viendrait la balayer ou s'y fixer solidement. L'importance matérielle de ses toiles s'explique mieux de ce fait, car elle permet de saisir une image sans commencement ni fin et qui, théoriquement, dépasse toute dimension physique. L'artiste exposa d'abord à la Workshop Center Art Gal. de Washington (1953 et 1955), puis chez Martha Jackson (1957), chez French and Co. (1959-60) et enfin chez André Emmerich (1961). À son insu, il fut à l'origine d'une école appelée " Washington Color Painters ". En dehors de Kenneth Noland, Gene Davis et Thomas Downing se sont affirmés avec vigueur et semblent devoir à Louis leur intérêt pour la couleur. Il est bien représenté dans les musées américains. Après l'exposition de New York (M. O. M. A.) en 1987, une nouvelle sélection d'œuvres importantes a été présentée (musée de Münster et musée de Grenoble) en 1996.