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Lorenzo Monaco

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Sienne [?] v.  1370  – Florence apr. 1422).

Sa formation se fit à Florence, où il dut arriver bien avant 1390, date à laquelle sa présence est attestée au couvent des camaldules de Sainte-Marie-des-Anges, où il prononça ses vœux l'année suivante. La reconstitution des débuts de son activité est fondée sur des analogies stylistiques avec ses œuvres postérieures ; elle montre un artiste qui cherche, sur l'exemple stimulant et rénovateur de Spinello Aretino, à approfondir et à renforcer le mélange quelque peu désuet de tradition giottesque et de fantaisie linéaire qui caractérise la culture florentine de la fin du siècle. Inspiré par une religiosité aiguë et tourmentée, non sans rapport, comme on l'a récemment souligné, avec des méditations ascétiques contemporaines, Lorenzo hésite d'abord dans le choix de ses sources figuratives ; il interprète toutefois, avec une vigueur expressive révélatrice, soit les élégances graphiques et chromatiques d'Agnolo Gaddi dans la Predelle Nobili (1387-88, Louvre) et le Retable de S. Gaggio (Florence, Accademia), soit la monumentalité sévère d'Andrea Orcagna (Christ au jardin des Oliviers, id.). Son dessin, tendu et nerveux, qui traduit en images les moindres vibrations de sa sensibilité inquiète, s'affine au contact de l'école de miniature des camaldules et se manifeste, enrichi de nouvelles exigences rythmiques, dans la décoration de 3 manuscrits datés de 1394, de 1395 et de 1396 (Corali 5, 8 et 1, Florence, bibl. Laurenziana). Ses œuvres suivantes, dont ses 2 seules peintures documentées, le Retable de Monteoliveto (terminé en 1410, Offices) et le Couronnement de la Vierge (1414, id.), marquent une évolution rapide, suscitée par une réaction aux premiers travaux de Ghiberti et, en même temps, par la pénétration de l'artiste dans le monde de la peinture gothique internationale. Les torsions irréelles de la ligne et la fantastique liberté d'invention de la nouvelle mode figurative sont discrètement accueillies dans le retable de la cathédrale d'Empoli, dont la date, 1404, coïncide significativement avec le retour à Florence de Starnina, après son séjour en Espagne ; elles sont ensuite pleinement assimilées et soumises à la définition d'un climat moral tendu et de précieuses sinuosités formelles dans les 2 panneaux du Louvre, le Christ au jardin des Oliviers et les Saintes Femmes au tombeau (qui flanquaient la Déploration du Christ de la G. N. de Prague) et dans l'Annonciation de Florence (Accademia), terminée en 1410. L'inspiration, de plus en plus dramatique, provoque une sorte d'excitation formelle qui s'exaspère dans le Couronnement de la Vierge mentionné plus haut et dans la Crucifixion de même date (Florence, S. Giovannino dei Cavalieri) ; le contour tendre qui découpe sur le fond des silhouettes élonguées et arquées, les couleurs vives et contrastées, les jeux arbitraires de la lumière dans les plis sinueux des draperies se chargent, grâce à une recherche d'approfondissement psychologique qui accentue l'expressionnisme des visages, d'une intense signification spirituelle. La méditation religieuse glisse ensuite vers le rêve, pour aboutir aux compositions où l'histoire sacrée se transforme en féerie (Scènes de la vie de saint Onuphre et de saint Nicolas de Bari, Florence, Accademia ; Chevauchée des Rois mages, dessin, Berlin, cabinet des Dessins). L'apaisement progressif du langage, uni à une certaine recherche de valeurs plastiques et spatiales, caractérise la dernière phase de l'activité de Lorenzo. De l'Adoration des mages (1420-1422, Offices), où il cherche à intégrer dans un paysage triste et mystérieux une figuration dense, Lorenzo Monaco passe à la monumentalité quelque peu forcée des fresques de la chapelle Bartolini (Florence, S. Trinità) et manifeste enfin dans le panneau de l'Annonciation (id.) un intérêt inattendu pour la nature souriante et fleurie qui le rapproche de Gentile da Fabriano, présent à Florence en 1423. Il influença, d'une façon plus ou moins directe, tous les peintres mineurs qui, insensibles à la révolution de Masaccio, prolongèrent à Florence l'ultime tradition gothique, mais aucun d'eux n'hérita de la force intime et sincèrement mystique du maître.