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Lorenzo di Credi

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Florence 1456 ou 1459  – id.  1537).

Élève de Verrocchio, qui fit de lui son héritier, Lorenzo se dévoua entièrement à ce maître, qui lui confia même la direction de son atelier de Florence quand des commandes l'appelèrent à Venise. Après la mort de Verrocchio en 1488, il ramena de Venise à Florence la dépouille de ce grand chef d'école. De Verrocchio, Lorenzo retint le dessin incisif et précis, mais il l'amollit et le transforma vite en métier et académisme ; de Léonard, son condisciple et grand modèle, il adopta le sfumato et l'art des glacis transparents, qu'il porta à un haut degré de virtuosité, comme le rappelle Vasari. Sa première activité concerne les œuvres exécutées chez Verrocchio et commandées au maître, comme la Madone di Piazza (Pistoia, Dôme). Lorenzo collabora probablement à des œuvres de sculpture, mais, dans ce domaine, il ne nous reste rien qui soit certainement de sa main.

L'évolution stylistique de Lorenzo di Credi est difficile à reconstituer, car, au cours de sa longue activité, l'artiste n'offre pas d'exemples indiquant un changement décisif d'orientation ou un renouvellement de manière. On observe seulement un affaiblissement progressif de la qualité de sa peinture, imputable sans doute aux interventions de son très important atelier. Parmi ses œuvres de jeunesse, citons l'Annonciation (Offices), la Vierge et l'Enfant (Turin, Gal. Sabauda), le tondo avec l'Adoration de l'Enfant (Venise, Gal. Querini Stampalia), origine de nombreuses variations sur ce thème ; viennent ensuite la Vierge et des saints (Louvre), une des rares œuvres datées (1494), enfin l'Adoration de l'Enfant (Offices), brillante comme un émail, peinte au début du xvie s.

Personnalité en vue de l'ambiance florentine, Lorenzo eut un atelier très fréquenté, fut plusieurs fois appelé à estimer des œuvres d'art ou à servir d'arbitre dans des litiges entre artistes et fut aussi un restaurateur renommé d'œuvres d'art anciennes. De son vivant, il jouit d'une grande réputation, si l'on en juge par la quantité d'œuvres de sa main ou de son atelier (retables, tableaux religieux destinés à la clientèle privée, portraits) ; cependant, Vasari le juge sévèrement et condamne avec raison son excessive " diligence ", sa dévotion tout artisanale à la matière, son goût pour le " fini " et la " méticulosité ", qui, au-delà d'une certaine limite, perdent leur valeur et tombent dans la gratuité.