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Lambert Lombard

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Artiste liégeois (Liège 1505  – id.  1566).

Il fut tout à la fois peintre, dessinateur, architecte, numismate, archéologue, auteur de projets pour les verriers, les sculpteurs et les graveurs. Il réalisa à Liège ce que Gossaert, qu'il a dû rencontrer à Middelbourg, a accompli pour les Pays-Bas. Affranchi de toute tradition gothique, il s'affirma comme l'adepte de la Renaissance italienne et le théoricien du Romanisme. Il effectua plusieurs voyages dans les Pays-Bas du Nord, en Allemagne et peut-être en France, mais son séjour à Rome en 1537-38, destiné à acquérir des œuvres d'art pour son mécène l'évêque de Liège, fut déterminant et renforça son goût pour la sculpture et l'architecture de l'Antiquité et les maîtres italiens contemporains (Mantegna, Michel-Ange, B. Bandinelli). Beaucoup de ses œuvres ont malheureusement été détruites, ainsi les peintures murales du chœur et du transept de l'ancienne collégiale Saint-Paul de Liège. Aucune peinture, en raison de l'absence de signatures ou de documents, ne peut lui être attribuée avec une absolue certitude. Cependant, les spécialistes s'acordent généralement pour lui donner les panneaux (Scènes de la vie de saint Denis) du retable de l'église Saint-Denis à Liège, le Sacrifice (Liège, musée de l'Art wallon), la Multiplication des pains (Blockley, coll. E.g.S. Churchill) ainsi que des portraits : le Portrait de l'artiste (Liège, musée de l'Art wallon) et Le Filoguet (id.). La documentation la plus importante sur Lombard est fournie par ses dessins, dont la plus grande partie (env. 600) est conservée au cabinet des Estampes de Liège, le reste étant réparti entre divers musées : Berlin, Düsseldorf (Résurrection de Lazare, 1544), Lille, Londres, Rome, Varsovie. Ces dessins, exécutés à la plume sur un tracé préalable à la sanguine, sont le plus souvent signés en toutes lettres. Beaucoup semblent avoir été exécutés à l'usage des décorateurs et des peintres verriers.

On sait que Lombard a travaillé aux projets des vitraux de la cathédrale Saint-Lambert à Liège (détruite) ; on reconnaît son style aux verrières de l'abside de la cathédrale Saint-Paul à Liège (1557-1559). Peut-être Lombard serait-il également l'auteur des vitraux de Saint-Antoine et de Saint-Servais de Liège, du chœur de la cathédrale de Lichfield.

De nombreuses estampes furent exécutées d'après ses œuvres par des graveurs spécialisés, comme Cornelis de Bos, Peter Mirycinus, Ghisi, Lambert Suavius. En tant qu'architecte, Lombard dessina les plans de constructions importantes et l'on s'accorde à reconnaître le rôle éminent qu'il joua. La renommée de Lombard, très célèbre en son temps, est attestée par Vasari et Van Mander ; à son retour d'Italie, en fondant dans sa ville natale une académie, Lambert Lombard exerça son influence sur des élèves tels que Frans Floris, Willem Key, Hubert Goltzius, Dominicus Lampsonius et les Liégeois Lambert Suavius, Jean Ramey et Pierre Dufour.