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Johannes Lingelbach

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre néerlandais d'origine allemande (Francfort 1622  – Amsterdam 1674).

Il se fixa de bonne heure à Amsterdam, qu'il quitta en 1642 pour faire un voyage à Rome en passant par la France. Il arriva en 1644 à Rome, d'où il revint en 1650, passant par l'Allemagne, et il s'établit à Amsterdam. Il fut l'un des paysagistes italianisants les plus doués, voire l'un des plus originaux. Il arrive à combiner dans ses œuvres tous les éléments de l'Italie telle que la voyaient les Nordiques : la lumière d'une clarté incomparable, l'exactitude des citations de monuments romains, le goût pour l'Antiquité, les personnages d'une irréalité pittoresque et la superposition charmante d'endroits différents créant une ambiance irréelle. On trouve une illustration de toutes ces qualités dans un tableau conservé à Houston, dans le Sarah Campbell Beaffer Foundation : la Vue imaginaire de Rome avec le château Saint-Ange (1655). Très différent du reste de son œuvre est le Paysage avec des ruines antiques (1643, Francfort, Städel. Inst.). À partir de 1650 env., Lingelbach peignit des vues de rues romaines, bambochades tout à fait dans le style de Pieter Van Laer. Au cours des années suivantes, il parvint à trouver dans ce genre un style personnel : si Van Laer animait ses bambochades de petits groupes populaires, il meublait ses scènes de rues de foules entières : Piazza del Popolo (1659, Bruxelles, M. R. B. A. ; 1664, Vienne, Akademie) ; Campo Vaccino (1653, Bruxelles, M. R. B. A.). L'élément narratif, qui jouait un grand rôle dans tous ses ouvrages, offre aussi l'un des aspects les plus attrayants : le Dentiste (1651, Rijksmuseum), le Marché aux herbes à Rome (Louvre), Voyageurs devant une auberge (musée de Karlsruhe), le Marché aux poissons (musée de Lille). Par son coloris clair et varié, Lingelbach se distingue bientôt aussi de Van Laer, dont la palette était sombre. Il doit avoir subi en cela l'influence de J. B. Weenix, dont les œuvres exécutées entre 1640 et 1650 annoncent les siennes non seulement par le coloris, mais aussi par le dessin et les motifs. Dans ses nombreuses Vues de port peintes v. 1650 (Louvre ; Dresde, Gg. ; Ermitage ; Rijksmuseum), il s'est nettement inspiré de Weenix ; il fait d'ailleurs en général plutôt penser à un éclectique de talent qu'à un artiste créateur. Les figures peintes après 1660 env. empruntent sans aucun doute leur élégance stylée et maniérée à Berchem et à Philips Wouwerman (la Charrette de foin, 1664, Londres, N. G.). Au cours de cette dernière période, Lingelbach a souvent imité directement ces deux maîtres, le premier dans ses vues de port, le second dans ses paysages. Après 1665, il manque d'inspiration ; il répète des formules stéréotypées, et ses dessins, comme ses tableaux, témoignent souvent d'une certaine nonchalance.