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Richard Lindner

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre américain d'origine allemande (Hambourg 1901  – New York 1978).

Il fréquente l'École des arts appliqués à Nuremberg et, à partir de 1925, l'Académie de Munich. Il quitte l'Allemagne en 1933, réside d'abord à Paris puis, à partir de 1941, à New York. Il a d'abord fait une carrière d'illustrateur. Aux États-Unis, ses dessins furent publiés par Vogue, Fortune, Harper's Bazaar. Son œuvre pictural ne se développe vraiment qu'à partir de 1950. Commencé pendant la vogue de l'Expressionnisme abstrait, il passe d'abord presque inaperçu. Figuratif, Lindner prend ses personnages dans la faune urbaine. La femme est son sujet principal. Bottée, habillée de cuir (ou en partie déshabillée), munie d'accessoires érotiques, elle devient reine du trottoir. En utilisant des couleurs vives en aplat, le grossissement caricatural et une stylisation rigoureuse, Lindner fait d'elle l'idole de l'ère sexuelle, et les hommes lui sont soumis : sous leur extérieur d'apache, de militaire ou de dandy, ils cachent leur impuissance.

Dans cette confrontation des sexes, Lindner introduit des images de publicité, des lettres, des détails d'appareils de jeu. De tous ces éléments, il compose les emblèmes de notre civilisation (And Eve, 1970, Paris, M. N. A. M.). Le pop art, qui exploite aussi les objets et les signes du quotidien, a favorisé Lindner. Mais celui-ci n'est pas un peintre " pop ". Sa conception de la femme vient d'auteurs comme Frank Wedekind. Elle a été nourrie par la vie qu'il a menée à Berlin et à Paris entre les deux guerres : ses sources sont européennes. Lindner a en effet été marqué par l'œuvre de Fernand Léger et plus encore par Franz-Wilhelm Seiwert et le mouvement des " Progressistes " colonais avec lesquels il a été en contact à l'époque de la République de Weimar. Mais il a mis toutes ses expériences au service d'une iconographie personnelle, qui exprime sous forme d'emblèmes, d'armoiries, la vie des grandes métropoles, représentée de façon allégorique. L'artiste est représenté à Paris (M. N. A. M.), à New York (Whitney Museum et M. O. M. A.), à la Tate Gal. de Londres, aux musées de Cleveland, de Minneapolis et de Dallas. Une rétrospective lui a été consacrée à Nuremberg en 1987.