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Roy Lichtenstein

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre américain (New York 1923- id. 1997).

Lichtenstein étudia avec Reginald Marsh en 1939 à l'Art Students League, puis à l'Ohio State College. Il retourna dans cette université de 1946 à 1951 après avoir effectué son service militaire en Europe. Il vécut d'abord à Cleveland (jusqu'en 1957), puis enseigna dans diverses universités de l'État de New York avant de s'installer à New York même. Il exposa dans cette ville régulièrement à partir de 1951, mais son œuvre suscita une vive attention à partir de 1960-61. L'exposition qu'il fit en 1962 chez Leo Castelli montra de façon retentissante de quelle manière il s'opposait à l'Expressionnisme abstrait alors régnant. Rejetant celui-ci à partir de 1958, il choisit ses sujets dans les dessins animés (Bugs Bunny, 1958) et dans les images publicitaires les plus banales (Like New, 1961), les bandes dessinées (Whaam, 1963, Londres, Tate Gal. ; M.-Maybe, 1965, Cologne, W. R. M., coll. Ludwig), les jounaux, la télévision. De plus, sa technique semblait dérivée des moyens de production en série, notamment de l'imprimerie, avec ses trames de points minuscules. Cet art, calculé à l'extrême, ne laissait aucune place pour les réactions personnelles ni pour les effets sensoriels des couleurs auxquels on était alors habitué. Ses bandes dessinées et ses diagrammes d'après des tableaux de Cézanne ou de Picasso (Portrait de Mme Cézanne, 1962) furent considérés par les uns comme des fautes de goût, par les autres comme une satire virulente de la société américaine et de ses productions, les appareils de télévision et les machines à laver (Washing Machine, 1961, Yale Univ. Art Gal.). Une telle recherche maintenait naturellement en lisière les préoccupations formelles. Les compositions de Lichtenstein sont cependant rigoureusement organisées, avec leur coloris brillant et leur dessin linéaire. À partir de 1964, les images de la vie moderne ont occupé une place moins importante dans son art au profit de paysages schématisés, de commentaires ironiques sur l'Expressionnisme abstrait (coulée gestuelles minutieusement redessinées au tire-ligne), de compositions fondées sur l'art décoratif des années 30 (Peinture moderne avec deux cercles, 1967, musée de Nagakoa, Japon) et de natures mortes (Nature morte avec coupe de cristal, citron et raisins, 1973, New York, Whitney Museum). Il s'est ensuite amusé à "lichtensteiniser" systématiquement les principaux courants de l'art moderne : Cubisme, Purisme, Futurisme, Surréalisme, intégrant également en 1979 dans son système graphique les motifs décoratifs de l'art des Indiens d'Amérique. Beaucoup de ses dessins (crayon et crayons de couleurs surtout) ont leur fin en soi (6 variations, progressivement abstractisées sur le thème du Taureau, 1973 ; variations sur le thème de l'Atelier de l'artiste, 1974). Lichtenstein s'est également intéressé à la lithographie et à la sérigraphie, auxquelles son style s'adapte parfaitement. Il a, par ailleurs, transposé dans le bronze peint certains éléments tirés de ses peintures. En 1985, il a réalisé une fresque pour l'Equitable Center de New York (Blue Stroke). Son œuvre a fait l'objet de rétrospectives en 1981 (Saint Louis), 1988 (Francfort) et 1993-94 (New York, Los Angeles, Montréal, Bruxelles).