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les Leu

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintres suisses.

Hans l'Ancien (actif de 1490 env. à 1510). Originaire d'une famille de Baden (Argovie), il s'établit à Zurich, où il fit son apprentissage vraisemblablement chez Peter Studer. Mentionné en 1492 dans les registres de la bourgeoisie, il figure régulièrement dès 1497 sur les comptes de la fabrique de la cathédrale et du Frauenmünster. Dix ans plus tard, son nom disparaît des actes officiels. L'authenticité des quelques œuvres qui sont attribuées à l'artiste est encore contestée. Il s'agit avant tout d'une Vue de la ville de Zurich (entre 1492 et 1510, Zurich, Schweizerisches Landesmuseum). Sans doute était-ce l'arrière-plan d'une scène religieuse dont les figures furent effacées à la Réforme, ce qui permit de compléter le paysage. Malgré les transformations dont elle a souffert et ses incontestables faiblesses techniques, cette œuvre demeure un document intéressant par le goût assez nouveau du pittoresque urbain et d'une nature fraîche et colorée. Hans l'Ancien est également l'auteur présumé du Portrait de Hans Schneeberger (1501, Zurich, Kunsthaus) et de deux volets d'un retable exécuté en 1506 (le Christ et les saints patrons de Zurich et Marie-Madeleine et Jean-Baptiste, Zurich, Schweizerisches Landesmuseum). Il est assimilé par certains historiens au Maître de l'Œillet ou à l'un de ses élèves directs, mais aucune preuve décisive n'est venue confirmer cette hypothèse.

Hans le jeune (Zurich v. 1490 – tué à la bataille de Gubel en 1531). Son fils ne fut distingué de son père, et considéré comme le représentant le plus remarquable du Gothique tardif zurichois, qu'en 1901 par Paul Ganz. Il parcourut l'Allemagne de 1507 à 1513 et très vraisemblablement travailla avec Dürer à Nuremberg et avec Hans Baldung à Fribourg-en-Brisgau. Dès 1514, il est actif à Zurich, et sa production est considérable malgré une vie désordonnée qui le conduit de champs de bataille en cours de justice. Le musée de Bâle abrite ses meilleures œuvres, dont le célèbre Orphée charmant les animaux (1519), le Paysage fantastique et la Passion du Christ (1522), ainsi que 4 gravures sur bois datées de 1516, dont Saint Georges combattant le dragon, et un grand nombre de dessins (Paysage). Parmi ces derniers, il importe de mentionner le Baptême du Christ (1513, British Museum) et le Saint Sébastien (1517, musée de Nuremberg). Si l'existence agitée de Hans le Jeune évoque celle d'Urs Graf ou celle de Niklaus Manuel, il ne fut pas comme eux peintre de batailles et de mœurs militaires. Ses thèmes, religieux ou mythologiques pour la plupart, sans être toujours d'une grande maîtrise d'exécution, sont remarquables par une interprétation pleine de poésie intime et mystérieuse non exempte de bizarrerie. Mais la grande originalité de Leu le Jeune réside dans ses paysages peints ou dessinés dès 1513. Comme Altdorfer ou Hirszchvogel, l'artiste imagine des sites fantastiques, enchevêtrements de montagnes déchiquetées et de sauvage végétation qui font de lui l'un des maîtres du paysage du xvie s.