En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Bart Anthony Van der Leck

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre néerlandais (Utrecht 1876  – Blaricum 1958).

L'un des fondateurs en 1917 du mouvement De Stijl, Bart Van der Leck, qui a reçu une formation de maître verrier, s'est consacré tardivement à la peinture. Peu marqués par les nouvelles tendances artistiques, ses premiers tableaux, qui témoignent d'une vision originale, datent de 1912-13 : le Marchand de fruits (Otterlo, Kröller-Müller) présente dans une composition en frise, sans profondeur, des formes simplifiées, peintes avec un nombre limité de couleurs. Ces caractères donnent au sujet — représenté d'une façon déjà très stylisée — un aspect monumental. Influencé par l'art de l'Égypte ancienne (Travail au port, 1916, Otterlo, Kröller-Müller), Bart Van der Leck cherche une plus grande simplification encore avec la Tempête (Otterlo, Kröller-Müller), où les couleurs, utilisées en aplats, sont le rouge, le bleu, le jaune et le noir ; les formes sont très stylisées, la composition est fondée sur l'horizontale et la verticale. Le sujet est ainsi conduit à la limite de l'abstraction. Cette œuvre va marquer Mondrian, que Bart Van der Leck rencontre en 1916. Avec le tableau Mine (1916, La Haye, Gemeentemuseum), un triptyque qui témoigne de son évolution par son absence de sujet lisible et la réduction de son langage plastique, c'est Mondrian qui l'influence à son tour : sur un fond noir pour les volets, blanc pour la partie centrale sont disposés des tirets rouges, bleus ou jaunes, horizontaux, verticaux ou obliques, qui créent des cadences. En 1917, dans Composition 1917-3 (Otterlo, Kröller-Müller), intitulée également la Sortie d'usine, les éléments principaux sont très clairement mis en ordre et dénombrés : les 73 tirets, tous de la même largeur, rouges, bleus, jaunes ou noirs, sont disposés sur un fond blanc, dans une trame orthogonale et selon des groupes. Cette année-là, Bart Van der Leck participe à la fondation du Stijl et publie notamment un article dans le premier numéro de la revue de Théo Van Doesburg. Il quitte le mouvement dès 1918 mais approfondit néanmoins sa recherche : en 1918-1920, Composition (Amsterdam, Stedelijk Museum) est uniquement constituée de 8 figures géométriques : 4 carrés, 4 triangles disposés rigoureusement. Après 1920, Bart Van der Leck revient à la peinture figurative, le sujet restant traité dans un vocabulaire géométrique élémentaire. Il produira peu, vivant pratiquement isolé à Blaricum et exécutant quelques travaux de décoration, peinture murale et d'art appliqué. Il reviendra pour quelques rares et précieux tableaux à la peinture non figurative à la fin de sa vie, réalisant dans cet esprit de dépouillement quelques chefs-d'œuvre qui anticipent largement sur l'Art minimal. Son œuvre est conservée au musée Kröller-Müller, à Otterlo, ainsi qu'au musée de Grenoble.