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Bertrand Lavier

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Artiste français (Châtillon-sur-Seine, Côte-d'Or, 1949).

Après une première exposition dès 1975 au C. N. A. C. à Paris, Bertrand Lavier a conduit sa réflexion à partir de 1978 sur l'identité des choses, la définition de la réalité, l'ambiguïté de la représentation et du langage d'une part et de l'autre sur le rapport que différentes parties de la réalité entretiennent entre elles sur le plan matériel et conceptuel. Cette réflexion peut emprunter de multiples formes : des objets communs ou des parties d'environnement qui sont repeints ; ce recouvrement est une façon de prendre à la lettre la peinture naturaliste : " peindre une table ", ce qui aboutit à une table peinte, montre en effet la réalité de la peinture, d'autant plus que l'artiste laisse visible une facture très grossière qu'il qualifie de " touche à la Van Gogh ". Crimson est un tableau monochrome rouge qui se présente comme une surface composée de deux parties égales qui ont été peintes chacune du rouge crimson fabriqué par deux marques différentes et qui, en donnant deux nuances différentes, permettent à l'artiste de montrer la relativité de la notion de rouge. De même, avec sa série de photographies de paysages repeintes partiellement : Landscape Painting and Beyond (1979) : la partie gauche est présentée telle quelle, la partie centrale repeinte sur la photographie, la partie droite inventée et peinte directement sur le mur, ce qui permet à Bertrand Lavier de s'interroger sur la façon de représenter la réalité. La série des tableaux abstraits intitulée Walt Disney Productions a été réalisée par l'artiste d'après une bande dessinée de Walt Disney dont certains détails ont été agrandis : il s'agit de tableaux qui n'ont donc pas existé et qui sont reproduits en photographie à l'échelle de tableaux réels. Enfin, en superposant des objets, par exemple un réfrigérateur sur un coffre-fort (Brandt/Haffner, 1984, Paris, M. N. A. M.), c'est-à-dire en demandant à les assimiler à un motif sculpté présenté sur un socle, Bertrand Lavier considère le rapport entretenu par les choses dans l'espace et leur existence même en fonction du milieu dans lequel elles sont présentées. En jouant du langage des mots (Orange par Duco et Ripolin, 1990), de la représentation et de leur piège, en recourant à la littéralité, Bertrand Lavier a créé une forme d'art, souvent très impressionnante visuellement, qui se présente comme une réflexion sur l'art en même temps qu'il en donne une critique impitoyable. Il a montré ses œuvres dans de nombreuses expositions en Europe et aux États-Unis, à Kassel à la Documenta 7 et à la Documenta 8, à l'exposition Leçon de choses en 1982 à la Kunsthalle de Berne, dans la manifestation Chambre d'amis organisée par le musée de Gand en 1986. Il a eu une exposition personnelle en 1983-84 à la Kunsthalle de Berne et au Nouveau Musée de Villeurbanne et, en 1985, à l'A. R. C. (M. A. M. de la Ville de Paris). Le musée de Dijon, le centre d'art le Consortium et le musée de Grenoble en 1986-87 ont organisé une rétrospective de son œuvre ainsi que le M. N. A. M. de Paris en 1991. Une nouvelle exposition a été consacrée à Lavier (château de Rivoli, Italie) en 1996-97. De nombreuses œuvres de l'artiste sont conservées dans des collections privées et publiques (Paris, M. N. A. M., musée de Saint-Étienne, musée de Grenoble).