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Henri Laurens

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Sculpteur et dessinateur français (Paris 1885  – id. 1954).

D'origine ouvrière, formé au métier de praticien, Laurens n'a pas eu à se libérer de l'Académisme et, ne faisant pas dans sa jeunesse partie des cercles artistiques, il n'a que très peu subi l'ascendant de Rodin. Le Cubisme, qu'il découvre dès 1908 à la Ruche, l'intéresse autant qu'il le déconcerte. Il lui faudra plusieurs années de réflexion et de recherche, l'amitié très vive qu'il noue en 1911 avec Georges Braque pour qu'il y adhère, menant une recherche d'une extrême exigence pour opérer en sculpture la même révolution que Braque et Picasso avaient accomplie en peinture. Artiste intransigeant envers lui-même, Laurens a beaucoup détruit et n'a laissé subsister que des œuvres accomplies comme le Clown (1914, M. N. A. M.), la Petite Tête (1915, musée de Bâle). Il consacra deux années de travail au thème austère Bouteille et verre, pur prétexte à l'une des réflexions les plus intelligentes qui soient sur l'écart qu'on peut oser, en sculpture aussi, entre un signifié toujours présent et un signe poussé aux limites extrêmes de l'allusion et de la polysémie. À la paix, Laurens ne se laissera pas prendre au piège du " retour à l'ordre " et ne sacrifiera pas non plus au Surréalisme, tout en en voyant l'intérêt. Préoccupé de plastique avant tout, il ramène dans sa sculpture ce que, dans sa période cubiste, il en avait méthodiquement banni, les matériaux traditionnels, le volume. Il n'en oublie pourtant pas le temps présent, et sa sculpture est au contraire celle où se reflète le mieux l'histoire et les engagements de Laurens, vigilant opposant à tous les totalitarismes. Il sculpte l'Espagnole en 1936, le Drapeau en 1939, l'Adieu en 1940, poignante image de l'Europe asservie par Hitler. Vivant dangereusement dans le Paris occupé, ses positions politiques étant bien connues, il ne sculpte pendant les années noires que des formes écrasées qui se redressent, s'ébrouent à mesure que se dessine puis se précise et devient assuré le triomphe de la démocratie. Les dix dernières années de la production de Laurens (l'Automne, 1948 ; la Grande Baigneuse, 1947) sont marquées par le bonheur qui lui venait de l'affection de nombreux élèves du monde entier, la dévotion d'admirateurs peu nombreux mais choisis. Plus tôt reconnues à l'étranger qu'en France, ses œuvres figurent dans de nombreux musées, particulièrement en Allemagne et dans les pays scandinaves. Le M. N. A. M. de Paris a reçu de son fils une donation, complétée par un don de son marchand, Kahnweiler, de deux cents pièces. Le centenaire de la naissance de Laurens y a été célébré en 1985 par une modeste exposition. Une autre exposition a eu lieu en 1989 à Barcelone. Une manifestation plus complète a eu lieu en 1990 au château de Biron.