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Charles Lapicque

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Theizé, Rhône, 1898  – Orsay 1988).

Ayant reçu une formation d'ingénieur, il commence à peindre et, à l'occasion d'études de machines et d'architecture, se passionne pour les projections géométriques et les perspectives. Les encouragements de Jeanne Bucher et de Lipchitz l'amènent en 1928 à se consacrer plus exclusivement à la peinture.

Entre 1931 et 1935, son poste de préparateur à la faculté des sciences lui permet de mettre au point une doctrine chromatique. Une commande, en 1937, de 5 décorations pour le palais de la Découverte lui permet de s'attaquer à de grandes surfaces. Dès 1939, rompant avec l'espace univoque de ses compositions précédentes, Lapicque instaure une synthèse entre l'espace syncopé et complexe du Cubisme et celui, plus fragmentaire, des vitraux et émaux cloisonnés anciens.

Lors de l'exposition Jeunes Peintres de tradition française (1941) à la galerie Braun, son œuvre trouve une audience considérable auprès des autres peintres, dont Singier, Le Moal, Bazaine (Figure armée, 1940 ; Sainte Catherine de Fierbois, 1940). Lapicque reprendra à la Libération les thèmes marins qui lui sont chers : régates, récits, retours de pêche. Ses réflexions, l'étude de l'anatomie, le conduisent entre 1948 et 1950 à une série d'œuvres inspirées par la mort (Danse macabre, 1948 ; Hamlet, 1949) et l'histoire (la Bataille de Waterloo, 1949). À la grille bleue de ses anciennes compositions, Lapicque tend à substituer un cerne blanc, sinueux, plus lumineux. Raoul Dufy abandonne en sa faveur une partie du prix qui lui a été décerné à la Biennale de Venise de 1952. Cela lui permet de découvrir les nuits vénitiennes et l'art de Véronèse et de Tintoret.

Mauves, pourpres et carmins, tons violacés s'accordent alors en des symphonies opulentes, dans un expressionnisme baroque de façades, de jardins et de paysages (Hommage à Véronèse, 1954 ; Nuit vénitienne, 1956). Les occasions de voyages à Rome (1957), en Grèce (1964) ou aux Pays-Bas (1974) sont autant de prétextes pour le peintre à illustrer l'histoire de la ville impériale et chrétienne (la Mort de Pompée, 1957), à ressusciter quelques grands mythes de l'Antiquité (la Naissance d'Aphrodite, 1964) ou à restituer les motifs néerlandais familiers.

Dédaigneux des modes, Lapicque, après avoir été un pionnier de l'art non figuratif, n'a pas hésité à revenir à une " interprétation nouvelle " de l'apparence. Un important ensemble d'œuvres de l'artiste est conservé au M. N. A. M. de Paris (donation Lapicque, 1977) et au musée de Dijon (donation Granville).