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Nicolas Lancret

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Paris  1690 id. 1743).

Élève de P. Dulin avant 1708, puis de Gillot de 1712 à 1718, il fut reçu à l'Académie en 1719. Cet émule de Watteau se spécialisa très tôt dans les fêtes galantes, sans en retenir tout l'aspect de réflexion mélancolique sur la destinée humaine. Ses brillantes mascarades, son talent, un peu froid mais aimable, lui valurent de très nombreuses commandes des grands collectionneurs, comme le duc d'Antin, le comte de Carignan, Crozat, le comte Tessin, Frédéric II (qui posséda plus de 25 tableaux du peintre, dont le Moulinet, la Danse, le Jeu de pied-de-bœuf, le Bal [Berlin, Charlottenburg]) et le surintendant des Bâtiments royaux. Lancret travailla pour Fontainebleau (Noce de village, 1737, in situ), la Muette (les Saisons, 1738, Louvre), Versailles (Déjeuner de jambon, 1735, Chantilly, musée Condé). Très lié avec Lemoyne, qui admirait autant que lui Van Dyck, il ne toucha guère à la peinture d'histoire (Chasse au tigre, 1736, peint pour Versailles, musée d'Amiens). Les deux esquisses du Louvre (le Lit de justice tenu à la majorité de Louis XV, la Réception à Versailles des chevaliers du Saint-Esprit ) constituent des exceptions dans son œuvre. Lancret s'inspire aussi des Fables et des Contes de La Fontaine, et il retient essentiellement des Pays-Bas le goût un peu familier des sujets de genre, traités sur un ton plus léger (le Montreur de boîte d'optique, Hechingen, château des Hohenzollern ; la Chercheuse de poux, Londres, Wallace Coll. ; la Cuisine, Ermitage), bien que les scènes purement rustiques se trouvent plus nombreuses dans son œuvre après 1736. Ses portraits (la Famille Bourbon-Conti, Illinois University, Krannert Art Museum) sont traités comme des scènes de genre. De même, Lancret, goûtant fort le théâtre, en introduit des scènes dans un décor champêtre, à l'instar de Watteau ; si Gillot s'est contenté de représentations de la comédie italienne, il s'intéresse aux types de Gilles et d'Arlequin, puis aux artistes français eux-mêmes, qu'il portraiture (la Camargo, 1730, Ermitage, Londres [Wallace Coll.] et musée de Nantes) ; mais, à la différence de Pater, il paraît beaucoup plus sensible aux problèmes de la décoration qu'à ceux mêmes de la peinture. Son œuvre, moins émouvant et moins vibrant que celui de Watteau, est l'un des témoins les plus brillants — par sa note d'humour, sa touche vive et par le chatoiement de ses couleurs — du goût de la société du xviiie s. pour un art aimable. Nicolas Lancret a laissé de beaux dessins à la sanguine et aux trois crayons (Paris, musée Jacquemart-André ; musée de Dijon ; British Museum ; Stockholm, Nm ; Washington, N. G.).