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Charles de La Fosse

Charles de La Fosse, le Triomphe de Bacchus
Charles de La Fosse, le Triomphe de Bacchus

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Paris 1636  – id.  1716).

Il est de bonne heure l'élève de Le Brun, avec qui il collabore dans les années 1650 au séminaire de Saint-Sulpice et à l'hôtel Lambert. De 1658 à 1663, il séjourne à Rome, à Parme et longuement à Venise, dont il gardera toujours l'empreinte.

Après son retour à Paris, Le Brun l'emploie aux Tuileries, puis au grand appartement de Versailles : lunettes du salon de Diane et Sacrifice d'Iphigénie, sur la cheminée ; plafond du salon d'Apollon, 1672-73 (peintures conservées, mais retouchées ; l'esquisse du Lever du soleil est au musée de Rouen). La Fosse fut reçu à l'Académie en 1673 (Enlèvement de Proserpine, Paris, E. N. B. A.), dont il deviendra directeur en 1707 grâce à l'appui d'Hardouin-Mansart. Il peindra divers tableaux de chevalet pour le Grand Trianon (Clytie changée en tournesol, Apollon et Thétys, 1688, en place), pour Marly (Bacchus et Ariane, 1699, musée de Dijon), pour Meudon (Triomphe de Bacchus, 1700, Louvre), pour Versailles (Moïse sauvé des eaux, 1701, Louvre), tableaux dont la composition, parfois un peu embarrassée, est compensée par un coloris doré d'inspiration vénitienne. Auteur de nombreuses toiles religieuses pour les églises et communautés parisiennes ou provinciales (Présentation de la Vierge, 1682, musée de Toulouse ; Résurrection de la fille de Jaïre, Paris, église Notre-Dame de Bercy ; Adoration des Mages, 1715, peinte pour le chœur de Notre-Dame de Paris, Louvre ; plusieurs toiles à l'Ermitage et au musée Pouchkine de Moscou), il est aussi un grand décorateur, dont l'art s'éloigne fortement de Le Brun ou d'un contemporain comme Jouvenet. Il décore notamment l'église Sainte-Marie-de-l'Assomption à Paris (v. 1680, coupole conservée, mais repeinte : Assomption de la Vierge ; esquisse au musée Magnin de Dijon), une partie de l'église des Invalides (1702-1704, coupole avec Saint Louis au ciel, pendentifs avec les Évangélistes, dégradés ; esquisses à Paris, musée des Arts décoratifs) et l'abside de la chapelle du château de Versailles (Résurrection du Christ, 1709, conservée). Ces grandes décorations, avec leurs couleurs chaudes, le dynamisme de leurs formes rondes, l'audace des raccourcis perspectifs font figure d'événement européen et ont certainement frappé un Pellegrini. On sait, d'ailleurs, que La Fosse se rendit en Angleterre de 1689 à 1692, appelé par lord Montagu pour décorer son palais à Bloomsbury Square. Cet ensemble considérable, exécuté avec la collaboration de Monnoyer et de J. Rousseau, a disparu. À la fin de sa vie, La Fosse est un habitué du milieu Crozat, où il rencontre le jeune Watteau. Grand ami de Roger de Piles, il est le meilleur peintre du camp des rubénistes, ou coloristes, dans la querelle qui les oppose aux poussinistes.