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Yves Klein

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Nice 1928  – Paris 1962).

Originaire d'une famille de peintres, il fit ses études à l'École nationale de la marine marchande de Nice et à l'École des langues orientales. Dès 1949, il réalise ses premières œuvres, Monochromes (panneaux recouverts uniformément d'une couche de couleur pure). Entre 1950 et 1954, il voyage en Angleterre et en Irlande, séjourne au Japon pour se perfectionner dans la pratique du judo, sport qu'il enseignera à Madrid (où il expose en privé des peintures monochromes) puis à Paris. En 1955, à la gal. des Solitaires, il expose pour la première fois à Paris ; l'année suivante, à la gal. Colette Allendy (préface de P. Restany), il présente ses Propositions monochromes, toutes de différentes couleurs, et participe au premier festival d'Art d'avant-garde organisé à Marseille par M. Ragon et J. Polieri. En 1957, successivement à Milan, gal. Apollinaire, et à Paris, chez Iris Clert, puis chez Colette Allendy, Klein expose ses peintures et sculptures d'un bleu outremer profond qu'il appelle I. K. B. (International Klein Blue), la couleur bleue matérialisant l'expansion infinie de l'univers. Il décore le nouvel Opéra de Gelsenkirchen (1957-1959), dans la Ruhr, avec des monochromes bleus et des reliefs muraux constitués d'éponges imprégnées de bleu. À l'occasion de sa collaboration à l'Opéra de Gelsenkirchen, Klein donne en 1959 deux conférences en Sorbonne sur l'Évolution de l'art et de l'architecture vers l'immatériel. Dès 1958, il avait réalisé ses premières expériences du " pinceau vivant " annonçant les Anthropométries (1960-1962) et les Suaires, empreintes sur le papier ou sur la toile de modèles nus enduits de bleu qu'il dirige au gré de son inspiration.

En février 1960, au musée des Arts décoratifs de Paris dans le cadre de l'exposition Antagonismes, il présente pour la première fois un " monogold " (or fin sur toile) et le projet de l'Architecture de l'air, et, avec ses Cosmogonies, il utilise les éléments naturels : pluie, vent, foudre ; il expose avec les Nouveaux Réalistes à Milan et participe à Paris à la fondation du groupe. En 1961, au moyen d'un jet de gaz incandescent, il crée au centre d'essais du Gaz de France les " peintures de feu ", empreintes anthropométriques du feu (Feu couleur FC 1, 1962, Paris, M. N. A. M.), et, en 1962, il moule en plâtre le Portrait-relief d'Arman (id.), dont le bronze peint en bleu est présenté sur panneau doré (de la même année date le Portrait-relief de Martial Raysse). Résolvant la crise de l'Abstraction à la fin des années 50, Klein, au-delà de son utopique conquête du vide et de l'immatériel, a orienté un nouveau courant de recherches. S'il a dérouté d'abord le public (exposition du Vide, 1958, gal. Iris Clert, où 2 000 personnes assistaient au vernissage des murs nus), son œuvre apparaît maintenant comme une nouvelle synthèse du réel contemporain, matérialisant les éléments comme les êtres humains dans les traces fugitives ou affirmées de leur passage sur le support. Klein est représenté dans de nombreux musées d'art moderne, notamment à Paris (M. N. A. M.), à New York (M. O. M. A.), à Londres (Tate Gal.), à Houston (The Menil Coll.), et dans des coll. part. dans les musées de Krefeld et de Cologne. Une rétrospective a été consacrée à l'artiste (Cologne, Düsseldorf, Londres, Madrid) en 1995.