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Thomas de Keyser

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre néerlandais (Amsterdam 1596/97  – id.  1667).

Fils de l'architecte et sculpteur Hendrick de Keyser (1565-1621), il fut son élève pendant deux ans à partir de 1616. Il entre dans la gilde des tailleurs de pierre d'Amsterdam et ne peint que par exception jusqu'en 1654, date à laquelle il cède son commerce de basalte, mais, en 1662, Thomas de Keyser acquiert la charge d'architecte et d'entrepreneur de la Ville.

Ses plus anciennes œuvres datées sont déjà des portraits (Portrait d'une jeune fille, 1619, coll. Thoré au xixe s. ; Leçon d'anatomie du Dr Egbertz, 1619, Rijksmuseum), et c'est à eux qu'il dut sa renommée. Il n'exécuta que de très rares tableaux religieux, d'un sentiment monumental et digne, comme la Vierge et son pendant, un Saint Jean (1630, Amsterdam, musée Amstelkring), et divers tableaux de genre raffinés dans la manière de Palamedes et de Pieter de Codde (la Leçon de musique, musée de Rouen).

À l'origine de son art se trouve le très actif milieu des portraitistes d'Amsterdam, tels que Cornelis Van der Voort, dont les Régents (1618, Rijksmuseum) ont visiblement marqué le jeune Keyser, Elias Pickenoy, si raffiné dans son usage des blancs et des noirs, Cornelis Ketel ou même Aert Pietersz. Plus encore que dans le portrait collectif (Quatre Membres de la corporation des orfèvres d'Amsterdam, 1627, Toledo, Ohio, Museum of Art ; la Compagnie du capitaine Cloeck, Rijkmuseum), c'est dans l'effigie isolée, souvent traitée en pied, de face et en petit format, avec un raffinement inégalé dans le rendu des étoffes luisantes, que Thomas de Keyser, non sans avoir visiblement retenu la leçon d'un Frans Hals, connaît ses plus belles réussites. Sur le plan du portrait, ces œuvres se laissent facilement comparer avec les tableaux de conversation alors à la mode (Codde, Duck, Duyster), et, parmi les meilleures, l'on comptera le Portrait d'homme du Louvre de 1632 et son pendant daté 1626, un Portrait de femme (musée de Berlin), Constantin Huyghens avec son secrétaire (1627, Londres, N. G.), le Portrait d'homme du musée de Genève (1634), Hendrick Verburg et sa femme du musée de Saint-Omer (1628), le Portrait de Loef Vrederiex (1626, Mauritshuis). On s'explique le vif succès du peintre auprès de la haute bourgeoisie d'Amsterdam comme son influence sur le jeune Rembrandt arrivant dans cette ville en 1631 et qui rencontre chez Keyser la formule parfaitement mise au point du grand portrait d'apparat à la fois opulent et réservé, éloquent et austère, voué aux seules richesses du clair-obscur et des harmonies majeures du noir et du blanc. Après 1640, conséquence de son changement de profession, ses tableaux deviennent plus rares sans toutefois qu'il ait cessé complètement de peindre. Le Portrait de famille (1640, Cologne, W. R. M.) témoigne en fait d'un métier non seulement toujours aussi fin, mais assez souple pour annoncer déjà l'art d'un Ter Borch.

Un très intéressant développement est apporté à cet égard par les tableaux équestres des dernières années, qui forment dans l'œuvre de Thomas de Keyser un groupe exceptionnel plus coloré et exploitant une lumière plus douce et plus claire attestant l'heureuse adaptation du peintre aux changements du goût.

L'artiste est représenté aux musées de Budapest, Kassel, Cologne (W. R. M.), Tarbes (Portrait de femme, pendant d'un Portrait d'homme de 1631 au musée de Richmond, Virginie), Francfort (Städel. Inst.), Worms, La Haye (musée Bredius), au Metropolitan Museum et surtout à Amsterdam, au Rijksmuseum (Portrait équestre de Pieter Schout, 1660, avec un paysage d'Adriaen Van de Velde).