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Juan de Flandes

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre flamand ( ? v.  1465  –Palencia v.  1519).

Il entra en 1496 au service d'Isabelle la Catholique ; on ne connaît pas d'œuvres antérieures à cette date et l'on ignore dans quelles circonstances il arriva à la Cour, où la peinture des Flandres était appréciée.

La première œuvre qu'on peut lui attribuer est une série de petits panneaux illustrant les Scènes de la vie du Christ et de la Vierge. Ces tableaux proviennent d'un retable peint entre 1496 et 1504 pour l'oratoire de la reine, en collaboration avec Michel Sittow. Des 47 tableaux mentionnés dans l'inventaire après le décès d'Isabelle la Catholique, 28 ont été retrouvés. À l'exception de 3 (Louvre ; Washington, N. G. ; coll. part. anglaise), qui sont dus à Michel Sittow, ces panneaux doivent revenir à Juan de Flandes. Ils sont actuellement dispersés entre le Palais royal de Madrid, qui en conserve 15, et divers musées (Louvre ; Washington, N. G. ; Londres, N. G. et Apsley House ; Detroit, Inst. of Arts ; Vienne, K. M. ; musées de Berlin et coll. part.). Les tons clairs, l'importance accordée au paysage et la minutie de la technique caractérisent ces scènes. Après la mort d'Isabelle (1504), le peintre abandonne la Cour et signe l'année suivante un contrat pour décorer le retable de la chapelle de l'université de Salamanque ; de ce premier ensemble, attesté par les documents, ne subsistent que 2 représentations de Saintes à mi-corps (Apolline et Madeleine), peintes en grisaille. Le retable consacré à saint Michel (Salamanque, musée diocésain) date de la même période. L'œuvre la plus importante, conservée sur place, est le grand retable de la cathédrale de Palencia (1505-1506 ; 12 Scènes de la vie du Christ). La plénitude du modelé rivalise avec la sculpture dans des essais de trompe-l'œil chers au réalisme flamand ; les visages sont parfois traités dans un style grimaçant, où le tempérament septentrional se plie aux exigences du pathétique espagnol.

Pour le maître-autel de l'église S. Lazaro de Palencia, Juan de Flandes peignit un autre grand retable du même style ; 4 panneaux (Annonciation, Nativité, Adoration des mages, Baptême du Christ) sont à la N. G. de Washington ; les autres (Visitation, Jardin des Oliviers, Résurrection de Lazare, Ascension, Pentecôte), au Prado. Il faut encore signaler de la main de l'artiste une Décollation de saint Jean-Baptiste au musée de Genève et une délicate Pietà (fondation Thyssen-Bornemisza, Madrid), où apparaît clairement l'une des sources principales du style de l'artiste : l'influence de Hugo Van der Goes. On attribue également à Juan de Flandes divers portraits de la famille royale, notamment celui d'Isabelle la Catholique (Madrid, Palais royal) et celui d'une jeune fille (Jeanne la Folle ?), à la fondation Thyssen-Bornemisza de Madrid. L'artiste eut une influence considérable en Espagne, où il fit école. Son fils, Juan, également, demeura à Séville, sans que l'on puisse exactement déterminer sa production.