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Asger Jørgensen, dit Asger Jorn

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre danois (Vejrum, Jutland, 1914  – Århus 1973).

Il commence à peindre à partir de 1930 (petits paysages et portraits) et prend connaissance de l'œuvre de Kandinsky par les publications du Bauhaus. À Paris en 1936, il travailla avec Léger, puis l'année suivante sous la direction de Le Corbusier (décoration du palais des Temps nouveaux à l'Exposition universelle). Après son retour au Danemark succèdent à ces influences celles, plus conformes à son tempérament, de son compatriote Jacobsen, de Klee, de Miró et des gravures d'Ensor. Jorn fonde à Copenhague pendant la guerre la revue Helhesten avec Bille, Perdersen, Jacobsen, qui se retrouveront dans Cobra. Son activité s'exerce désormais en faveur d'un art essentiellement spontané, dynamique et coloré (aquarelles des Didaska, 1944-45, Copenhague, S. M. f. K.), et l'artiste joue un rôle de premier plan dans plusieurs mouvements d'avant-garde : Cobra, 1948-1951 ; Mouvement international pour un Bauhaus imaginiste, 1953-1957 ; Internationale situationniste, 1957-1960. En 1958 paraît Pour la forme. Ébauche d'une méthodologie des arts (Paris), recueil d'articles sur les positions esthétiques de Jorn depuis Cobra. Intéressé par toutes les techniques (gravure, céramique, tapisserie), Jorn a réalisé un œuvre que distingue une mobilité constante. D'abord surtout figuratif et d'une grande intensité expressive, celui-ci s'inspira de bonne heure du bestiaire fantastique de la mythologie scandinave et fut soumis à l'ordonnance de la spirale viking. L'expérience de Cobra lui insuffla une liberté nouvelle (" peintures historiques ", " visions de guerre ", dessins dits " Aganak "), au bénéfice des tableaux effervescents dans la meilleure tradition expressionniste (le Droit de l'aigle, 1950, musée d'Aalborg ; Lettre à mon fils, 1956-57, Londres, Tate Gal.). Les références surréalistes de Cobra le conduisent également à participer à des travaux collectifs (la Chevelure des choses, 1948-1953, " peinture-mots ", en collaboration avec Christian Dotremont). Un humour irrévérencieux se manifeste un peu plus tard au détriment de toiles " pompier " recueillies par l'artiste et sur lesquelles il repeint en y introduisant des créatures agressives (Modifications, 1959 ; Défigurations et Nouvelles Défigurations, 1961 et 1962). Jorn évoqua ensuite, à tous les niveaux de l'expérience, une poétique de l'échange entre le réel et le rêve, en souples balafres de couleur fluide (Au début était l'image, 1965, Louisiana Museum). À partir de 1956, il vécut beaucoup à Paris, où il exposa régulièrement gal. Rive gauche, puis gal. Jeanne Bucher, qui a montré ses derniers travaux (collages, affiches lacérées, gouaches). Jorn graveur ne le cède en rien au peintre. Ses trouvailles expressives annoncent tantôt Dubuffet, tantôt Alechinsky, et la fantaisie qui s'y donne libre cours est toujours aussi rebelle, irréductiblement, à tout dogmatisme (Von Kopf bis Fuss, 1966-67, 10 lithos couleur ; Entrée de secours, 1971, 9pointes-sèches ;Études etsurprises, 1971-72, 12 bois couleur). On lui doit encore de vastes ensembles décoratifs, céramiques et tapisseries (en collaboration avec Pierre Wemaere) pour le lycée d'Aarhus, des peintures murales (1967-68) pour une banque de La Havane. Jorn est bien représenté dans les musées danois, à Louisiana (près de Copenhague), à Aalborg, surtout à Silkeborg, richement pourvu par l'artiste lui-même, ainsi qu'à Vienne (musée du xxe Siècle) et à Paris (donation d'œuvres graphiques au M. N. A. M.). Une exposition lui a été consacrée (Copenhague, M. A. M.) en 1996.