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Francisco Iturrino

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre espagnol (Santander  1864  – Cagnes-sur-Mer 1924).

Basque comme son ami Zuloaga, bien que né en Castille, cet artiste bohème, enfant gâté, inquiet et fantasque, a joué un rôle important dans l'histoire de la peinture espagnole moderne ; il y fut en quelque manière l'introducteur du Fauvisme. Mais il passa hors de la Péninsule — et notamment en France — la plus grande partie de sa carrière. Dès 1900, sa haute silhouette efflanquée était familière aux peintres d'avant-garde, à Bruxelles et à Paris ; le tableau d'Evenepoel, l'Espagnol à Paris (musée de Gand), contribua à la populariser, et son Portrait par Derain (1914) est au M. N. A. M. de Paris. Mais, après une période de peinture sombre en Belgique, il allait exposer aux Indépendants et au Salon d'automne, évoluant vers un chromatisme exalté. Plus encore que les influences de Renoir et de Cézanne, il subit celle de Matisse (qu'il devait en 1911 accompagner en Andalousie). Tempérament d'improvisateur, fougueux et capricieux, il délaissa le Réalisme, terrien ou maritime, des peintres basques de sa génération, pour évoquer une Andalousie où gitans, cavaliers, toreros, très peu " folkloriques ", ne sont que prétexte à des toiles d'inspiration fauviste et qu'il peuple aussi de nus féminins d'une puissante sensualité, souvent disposés en groupes tourbillonnants. Francisco Iturrino fut également un remarquable aquafortiste. Installé en 1920 à Madrid, il effectuera de nombreux séjours dans le sud de la France. Le M. A. M. de Madrid possède de lui une œuvre importante, les Femmes à la campagne, transposition hispanique du Déjeuner sur l'herbe de Manet. Le musée de Bilbao — où eut lieu en 1926 une rétrospective de son œuvre — lui a consacré une salle groupant une douzaine de ses meilleures toiles.