En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

William Holman Hunt

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre britannique (Londres 1827  – id. 1910).

Fils d'un directeur de maison de commerce, il commença une carrière dans les affaires avant d'étudier à la Royal Academy (1844), où il fit la connaissance de Millais. La lecture, en 1847, du premier volume des Peintres modernes de Ruskin ainsi que celle de Keats le persuadèrent de la nécessité d'une réforme tendant à plus de réalisme et de sérieux dans l'art contemporain ; il est avec Millais, D. G. et William Rossetti, le scupteur Th. Woolner, Collinson et le critique F. G. Stephens l'un des fondateurs de la " Pré-Raphaelite Brotherhood " (1848). Sa toile Rienzi jurant d'obtenir justice pour la mort de son frère (1848-49, 1886, coll. part.) est la première à porter les fameuses initiales P. R. B. À l'encontre de ces derniers, il demeura fidèle aux principes de ce mouvement. Après Claudio et Isabella (1850-1853, 1890, Londres, Tate Gal.), le Mauvais Berger (1851, Manchester, City Art Gal.), l'un des chefs-d'œuvre du mouvement préraphaélite, illustre bien la dualité de son art : chaque détail y est peint d'après nature avec une exactitude et une minutie rares dans l'histoire de la peinture (l'hyperréalisme contemporain s'en réclame assez justement), et, en même temps, le sujet exprime symboliquement une idée morale forte et complexe. Sans atteindre d'emblée à une pleine réussite (son premier tableau important, Rienzi jurant d'obtenir justice pour la mort de son frère, avait pourtant été remarqué à la Royal Academy en 1849, à côté du Lorenzo et Isabella de Millais), la Lumière du monde (1851-1853, 1858, Oxford, Keble College), montrant symboliquement le Christ portant une lanterne et frappant à une porte depuis longtemps close, rencontra une immense popularité. Cette allégorie spirituelle, d'un naturalisme appuyé, fut exposée avec l'Éveil de la conscience (1853-54, 1856-1886, Londres, Tate Gal.), scène moralisatrice contemporaine qui devait lui faire pendant. Il effectua divers voyages à Paris et en Belgique (1849) avec Rossetti, puis plus tard en Italie (1869, 1875, 1892), et il alla à trois reprises en Palestine, en 1854, en 1869 et en 1875, pour donner plus de vraisemblance à ses scènes bibliques, bien que cette exactitude en ait quelquefois obscurci le sens symbolique, comme dans le Bouc émissaire (1854-55, Port Sunlight, Lady Lever Art Gal. ; esquisse à la City Art Gal. de Manchester). La toile ne fut pas comprise et n'obtint pas un grand succès, au contraire de The Finding of our Saviour in the Temple (1854-1860, Birmingham, City Museum), fondé sur les mêmes principes d'exactitude et de vraisemblance archéologique. Gambart l'acheta pour la somme considérable de 5 500 livres et la composition fut popularisée par la gravure. L'œuvre de Hunt souffre d'un manque flagrant d'aisance ; sa couleur est volontiers dissonante dans l'intensité et la stridence, mais les meilleures de ses créations ont une puissance poétique indéniable (The Lady of Shalott, terminée en 1905, Hartford, Wadsworth Atheneum), qu'accentue le contraste singulier entre l'ésotérisme de l'inspiration et le naturalisme maniaque de l'exécution. La précision presque obsédante de sa description de la réalité, notamment dans les effets lumineux finit par exercer une sorte de fascination : son goût des effets d'éclairage artificiels apparaissant dans certaines scènes nocturnes évoquant la vie contemporaine (London Bridge le soir du mariage du prince de Galles [1863-1866, Oxford, Ashmolean Museum], le Pont du navire [1875, Londres, Tate Gal.]). Ses dernières toiles reprennent des sujets élevés : The Middle of Sacred Fire (1893-1899, Boston, M. F. A.), May Morning on Magdalen Town (1888-1891, Port Sunlight, Lady Lever Art Gal.). Il avait cessé d'exposer à la Royal Academy en 1881, préférant la Grosvenor Gallery ou des expositions centrées sur une seule de ses toiles, des rétrospectives lui étant consacrées à partir de 1886. C'est à cette date qu'il écrivit une première série d'articles sur l'histoire de la Fraternité. Son livre Pre-Raphaelitism and the Pre-Raphaelite Brotherhood, publié en 1905, en dépit de ses jugements partiaux à l'encontre de Rossetti, dont il s'était séparé, est extrêmement précieux. Hunt est représenté dans les musées britanniques, notamment à la Tate Gal. de Londres (Our English Coast [Strayed Sheep], 1852 ; le Triomphe des Innocents, 1883-84), au City Museum de Birmingham (Jésus chez les docteurs, 1854-1860 ; Valentin sauve Sylvie de Protée, 1850-51), à la Walker Art Gal. de Liverpool, à la City Art Gal. de Manchester (l'Ombre de la mort, 1870-1873) et à l'Ashmolean Museum d'Oxford (A Converted British Family Sheltering a Christian Missionary from the Persecutions of the Druids, 1849-50).