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Paul Huet

Paul Huet, la Ferme
Paul Huet, la Ferme

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Paris 1803  – id. 1869).

Il manifesta dès l'adolescence des dons de paysagiste, peignant en plein air à Paris et dans ses environs (les Moulins, 1816 ; la Barrière de la Cunette, 1816, Paris, musée Carnavalet), particulièrement à l'île Seguin, où sa famille séjournait souvent. Deux brefs passages, en 1818 et 1819, dans les ateliers de Guérin et de Gros le marquèrent moins que la leçon reçue de Watteau et de Fragonard, qui inspira ses premiers essais : les Ormes de Saint-Cloud (1823, Paris, Petit Palais). Puis l'influence de Géricault l'emporta, et surtout celle des paysagistes anglais. Étroitement lié avec Bonington, Huet peignit aux côtés de celui-ci et il est parfois malaisé de distinguer l'œuvre de chacun. En 1824, enfin, la découverte de Constable détermina l'orientation définitive de Huet, qui assombrit sa palette, monta ses tons jusqu'à la stridence, alourdit sa pâte. Si la Vue de Rouen (1831, musée de Rouen) montre un horizon paisible sous un vaste ciel qui rappelle les peintres hollandais du xviie s., Huet, l'un des premiers, trouva l'expression romantique du paysage et Soleil se couchant derrière une abbaye (1831, musée de Valence) fut suscité par un poème de Victor Hugo. Mais, plus encore que par des allusions littéraires ou des hallucinations visionnaires, son romantisme s'exprima par la représentation véhémente et réaliste d'une nature farouche. Au cours de ses voyages en France (Normandie, Auvergne, Nice, Pyrénées, Fontainebleau) et à l'étranger (1841-42, Italie ; 1862, Londres ; 1864, Belgique et Hollande), sa prédilection alla vers les sites rendus mystérieux par de violents contrastes d'ombre et de lumière (le Château d'Arques, 1838, musée d'Orléans ; le Lac, 1840, musée du Puy ; le caractère d'impénétrabilité des forêts (Fraîcheur des bois ; fourré de la forêt, 1847-1855, Louvre), les tempêtes et les cataclysmes (les Brisants à la pointe de Granville, 1853, id. ; l'Inondation à Saint-Cloud, 1855, id. ; Grande Marée d'équinoxe aux environs de Honfleur, 1861, id.). Novateur du paysage romantique en France, Huet prolongea cette manière tard dans le siècle, outrant à la fin de sa vie un emportement dédaigné de ses contemporains : le Gouffre (1861, Paris, musée d'Orsay). Ami intime de Delacroix, loué par la critique d'avant-garde, Huet resta méconnu, puis tomba dans un injuste oubli. Il eut un rôle de précurseur par ses recherches luministes. Ses esquisses peintes, ses études à l'aquarelle et au pastel (Louvre) annoncent, en les précédant d'une génération, les travaux des impressionnistes. Les peintures de Paul Huet sont conservées au Louvre, au musée de l'Île-de-France à Sceaux (série de paysages des environs de Paris), au musée d'Orsay et dans de nombreux musées de province : Avignon (Souvenir d'Avignon, 1838 ; Torrent en Italie, 1840 ; Avignon, 1841), Bordeaux (Houlgate, 1861), Caen, Carcassonne, La Rochelle, Lille, Montauban, Montpellier, Nantes (Parc de Saint-Cloud, 1848), Reims (Val d'Enfer, 1847), ainsi que dans des coll. part.