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Wolf Huber

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre allemand (Feldkirch, Vorarlberg, 1485  – Passau  1553).

Dernier représentant important de la peinture de l'école du Danube, il était connu par ses dessins avant qu'on ne reconstitue son activité de peintre. Si le Paysage du Mondsee (musée de Nuremberg) n'était pas daté de 1510 et monogrammé, il serait difficile d'en établir la date exacte, tant ce simple dessin au trait est dénué de conventions stylistiques. Dans les nombreux dessins conservés des années suivantes, on relève, dans le rythme des compositions ainsi que dans la technique du trait clair sur fond sombre, des analogies avec l'art d'Altdorfer. La peinture la plus ancienne qui soit connue est le fragment d'une Épitaphe datée de 1517 (monastère de Kremsmünster, Haute-Autriche). En 1515, alors qu'il était déjà installé à Passau, Huber reçut la commande de panneaux pour un retable de sainte Anne (Feldkirch, église paroissiale), qu'il termina en 1521. Au revers de la caisse, richement sculptée, est peinte une Lamentation du Christ (in situ). Les volets, récemment retrouvés (Bregenz, Vorarlberger Landesmuseum), sont décorés de scènes de la Vie de saint Joachim et de sainte Anne et de l'Enfance du Christ. Ces peintures — auxquelles s'apparente un panneau daté de 1519 représentant les Adieux du Christ (Vienne, K. M.) — surprennent par leur sens très vif de l'espace. On décèle dans les architectures l'influence d'une gravure de l'entourage de Bramante et celle d'Altdorfer, sans laquelle la souplesse du métier ne s'expliquerait pas, et les figures sont souvent inspirées de motifs empruntés à des gravures sur bois de Dürer. De la décennie 1520-1530, on possède une Déposition de croix (1524, Louvre) et des fragments de 3 retables : une Flagellation et un Couronnement d'épines provenant d'un retable de la Passion daté de 1525 (monastère de Saint-Florian, Haute-Autriche) ; un Mont des Oliviers et une Arrestation du Christ (Munich, Alte Pin.) provenant d'un autre retable de la Passion ; enfin 2 panneaux faisant partie d'un 3e retable décoré de Scènes de la vie de la Vierge (Berlin et Munich, Bayerisches Nationalmuseum). On est frappé dans toutes ces œuvres, ainsi que dans une Érection de la Croix (Vienne, K. M.), par l'importance qu'occupe chaque personnage dans l'espace du tableau et par la grande plasticité de leur modelé ; l'artiste recherche les raccourcis prononcés et les types un peu caricaturaux. Quelques portraits dessinés, dont les modèles apparaissent d'une laideur presque agressive, peuvent également dater de la même époque (musée d'Erlangen ; Berlin ; Dresde, Gg) ; Huber est aussi l'auteur de remarquables portraits peints. Les effigies d'Anton Hundertpfundt (1526, Dublin, N. G.) et de l'humaniste Jakob Ziegler (Vienne, K. M.) sont les meilleurs exemples de son talent de portraitiste. Dans ses portraits, comme dans ses retables, Huber s'est soumis au goût du client, mais c'est surtout dans ses nombreux dessins de paysages, d'une vaste profondeur, que l'on peut le mieux juger de son mérite. Il a aussi exécuté occasionnellement des esquisses de portraits et de scènes religieuses, mais la plus grande partie de son œuvre dessiné est composée de paysages très proches de la nature. La fin de l'école du Danube se révèle par une manière tout à fait opposée à celle d'Altdorfer, dont, en fait, elle procédait ; chaque objet et chaque élément du paysage est vivement délimité et se détache nettement sur son fond ; en revanche, les formes, d'une stylisation mouvementée, animées d'une énergie intense, sont encore bien caractéristiques du style danubien.