En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Gerrit Van Honthorst

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre néerlandais (Utrecht 1590  – id.  1656).

Né dans une riche famille catholique, son père Gerrit (doyen de la gilde d'Utrecht en 1579) et son grand-père Herman sont tous les deux peintres. Il commence par être l'élève d'Abraham Bloemaert à Utrecht, puis arrive à Rome vers 1610, où il adhère totalement à l'esthétique nouvelle du Caravagisme. De puissants protecteurs, le cardinal Scipione Borghese, le grand-duc de Toscane et surtout le marquis Gustiniani chez qui il loge, lui font obtenir d'importantes commandes pour les églises de Rome. Rentré en 1620 à Utrecht, inscrit à la gilde des peintres en 1625, il connut un succès considérable. En 1627, Rubens lui rend visite, consacrant ainsi sa renommée. Il produit alors nombre de tableaux religieux et de scènes de genre, et aurait occupé jusqu'à 24 élèves. En 1628, il est invité par Charles Ier à la cour d'Angleterre, où il peint plusieurs portraits et un Mercure présentant les arts libéraux à Apollon et à Diane (Hampton Court). En 1635, il réalise de vastes compositions historiques pour Christian IV, roi de Danemark. En 1637, il est inscrit à la gilde de La Haye et devient le peintre favori de la cour du prince d'Orange. Il exécute des tableaux mythologiques pour les châteaux de Rijswijk et de Honselaersdijk, et décore en 1649-50 le célèbre Huis ten Bosch, tout en peignant aussi beaucoup de portraits. La participation de ses élèves est proportionnelle à ses nombreuses commandes.

Avec Hendrick Ter Brugghen et Van Dirck Baburen, Honthorst est l'un des principaux introducteurs du style nouveau et de l'esthétique de Caravage à Utrecht et dans les Pays-Bas du Nord.

Il fut surnommé en Italie " Gherardo della Notte " en raison de ses éclairages contrastés à la bougie : Christ devant le grand prêtre peint pour Vincenzo Giustiniani (v. 1617, Londres, N. G.) ; Décollation de saint Jean-Baptiste (1618, Rome, S. Maria della Scala), qui procèdent des raccourcis dramatiques et de l'expression réaliste de Caravage. L'éclairage à la bougie, simplifiant les plans et les masses du Christ enfant et saint Joseph (couvent S. Silvestro à Montecompatri et Ermitage) ou du Reniement de saint Pierre (musée de Rennes), présente des solutions analogues à celles que proposera Georges de La Tour en France. Mais, en définitive, dès son retour à Utrecht, Honthorst retint davantage la première manière, claire, de Caravage mais aussi celle de Manfredi ; son apport réside aussi dans l'introduction de la grande manière décorative italienne, qui lui est inspirée par l'étude des Carrache et qui tempère le clair-obscur et le réalisme sans outrance de son Adoration des bergers (1620, Offices). Dans ses scènes de genre, telles que la Joyeuse Compagnie (1620, Offices), les Musiciens au balcon (1622, Los Angeles, J. P. Getty Museum), vus en perspective plafonnante, le Concert (1624, Louvre), l'Entremetteuse (1625, musée d'Utrecht) ou l'Arracheur de dents (Louvre), il affectionne la disposition à mi-corps des figures, dont l'une, au premier plan, sert de repoussoir, tandis que le clair-obscur cerne beaucoup les formes, qui gardent leur vivacité colorée. L'humour, pris sur le vif, de ces scènes de genre constitue aussi une différence essentielle par rapport au Caravagisme. Les vastes compositions décoratives de la fin de la vie de Honthorst lui furent surtout suggérées par la leçon des Carrache, teintées toutefois de rubenisme. Cependant, il ne sut pas éviter le ton conventionnel dans l'Allégorie du roi et de la reine de Bohême (1636, Herrenhausen) ou celle du Mariage de Frédéric Hendrik avec Amalia Van Solms (1650, Oranjezaal, Huis ten Bosch). Ces grandes compositions représentent la part la plus inégale de son œuvre, ainsi que ses portraits, pour la plupart issus de l'atelier. Parmi ses élèves, il en est un de connu, Sandrart, l'historien de la peinture allemande.

Son frère Wilhem (Utrecht 1594 – id. 1666) , élève d'Abraham Bloemaert, fut son collaborateur et assimila parfaitement sa manière. Wilhem est certainement l'auteur de nombreux portraits, situés à la fin de la carrière de son frère. Il travailla à Utrecht et à La Haye et, de 1647 à 1664, à Berlin, à la cour du grand Électeur de Brandebourg. Il demeure surtout connu comme portraitiste de l'aristocratie. Nombre de ses œuvres furent signées G. Honthorst ou G. H. en monogramme — comme signait son frère — tel le Portrait de Guillaume II, prince d'Orange (Rijksmuseum), qui est une réplique de la version de Gerrit (Mauritshuis). Les musées d'Amsterdam, de Berlin et de Hanovre conservent de nombreux portraits princiers de Wilhem.