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Francisco de Holanda

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre et théoricien portugais (Lisbonne 1514 ou 1518  – ? 1572)

. Fils d'Antonio de Holanda, il passa une partie de sa jeunesse à Évora (1534-1538). Adepte de l'art de la Renaissance, il visita l'Italie de 1538 à 1540, comme envoyé officiel du roi Jean III. Il séjourna au moins une année à Rome et entra en relation avec quelques-unes des personnalités artistiques de l'Italie, parmi lesquelles Michel-Ange. De retour au Portugal, il y passa le reste de sa vie, attaché à la Cour comme ingénieur, architecte, peintre et décorateur. Bien qu'il existe des références à son œuvre picturale (portraits et thèmes religieux), seuls ont été conservés un petit panneau (Lisbonne, M. A. A.) et 2 recueils de dessins : Os desenhos de Antigualhas (bibl. de l'Escorial, publié en 1896), relation de son voyage en Italie, et De actatibus mundi imagines (Madrid, B. N.), dessins de thèmes bibliques réalisés de 1545 à 1573. Son œuvre littéraire se compose du traité Da pintura antiga, terminé en 1548, d'un dialogue sur l'art du portrait (l'Art de reproduire au naturel), et de 2 petites œuvres datées de 1571 (Des fabriques qui manquent à la ville de Lisbonne et De la science du dessin). La seconde partie du traité Da pintura antiga, divisée en 4 " Dialogues ", fut d'abord connue comme témoignage de la pensée de Michel-Ange, qui en est la figure centrale. Mais l'ouvrage est surtout un témoignage des conceptions esthétiques et de l'art italiens au moment où les découvrit l'auteur. Proche des traités maniéristes contemporains, la pensée de Francisco de Holanda se développe à partir des schémas néo-platoniciens. Son concept de base est celui d'une fonction plastique, désignée généralement par la peinture, qui, dans la mesure où elle s'identifie avec l'acte divin de la création, prend un vaste sens d'intelligence générale de l'univers, fondement de toute la connaissance et principe unifiant de tous les arts. À ce concept s'ajoute la dimension historique de l'antique, en un schéma tripartite au sein duquel le Moyen Âge est considéré comme une période de mort de l'art authentique, entre l'Antiquité gréco-romaine et sa " réincarnation " en Italie.

Bien qu'il fût réalisé pour rendre accessible à ses compatriotes l'art tel qu'il florissait alors en Italie, l'ouvrage de Francisco de Holanda demeura inédit. Redécouvert au xviiie s., le manuscrit fut publié pour la première fois en 1845, dans une traduction française.