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Francisco Herrera

dit le Vieux

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre espagnol (Séville v. 1585 ou 1590  – Madrid 1656).

C'est l'une des personnalités les plus importantes de la première génération baroque de Séville, célébrée par Lope de Vega comme " soleil de la peinture ", en même temps qu'un personnage légendaire par son caractère violent et fantasque, qui aurait terrorisé les élèves, fait fuir ses propres enfants. Les premières de ses œuvres qui nous soient parvenues restent dans la tradition maniériste : ainsi la Pentecôte de 1617 (Tolède, musée du Greco) et le grand Triomphe de saint Herménégilde de 1624 (musée de Séville), avec sa composition en trois zones superposées. Mais, entre 1627 et 1629, il peint pour le collège de S. Buenaventura une série de 4 tableaux (2 au Louvre, 1 au Prado, 1 à la Bob Jones University de Greenville, South Carolina) pour une Histoire de saint Bonaventure que Zurbarán terminera : là, son style personnel apparaît entièrement formé, avec le réalisme parfois âpre, la vigueur expressive des visages, l'éclat d'un coloris qui reste étranger au ténébrisme, la technique libre et souple, parfois brutale, et aussi la maladresse évidente de la composition. Sa période la plus heureuse se place sans doute entre 1636 (Tentation de Job, musée de Rouen) et 1648 (Saint Joseph, Madrid, musée Lázaro Galdiano), avec des œuvres d'une grande intensité expressive, d'une technique vigoureuse et d'un beau coloris, sobre, où dominent les terres. Ses figures de vieillards barbus, prophètes ou docteurs, restent animées d'un souffle épique (le grandiose Saint Basile dictant sa doctrine du Louvre, peint en 1639 pour le collège basilien de Séville), alors que d'autres œuvres de cette époque possèdent plus de simplicité et d'intimité (Sainte Famille avec saint Jean-Baptiste, 1637, musée de Bilbao). La seule conservée des 4 grandes scènes peintes en 1647 pour l'archevêché de Séville (Miracle des pains et des poissons, Madrid, palais archiépiscopal) ajoute à son large réalisme un intérêt nouveau pour le paysage. Le Prado possède une saisissante Tête coupée de martyr signée de lui, et peut-être fut-il le créateur de ce genre, où s'illustra Valdés Leal. Dans les dernières années de sa vie, Herrera se fixa à la Cour ; mais, de la production de cette époque, rien n'est conservé.