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Paul Helleu

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre et graveur français (Vannes 1859  – Paris 1927).

Après avoir été élève de Gérôme à l'École des beaux-arts de Paris, où il se lia avec Sargent, Helleu travailla pour vivre (1884) chez le céramiste Deck, où il peignait des décors de plats. Dès 1885, et jusqu'en 1900, il exécuta, à l'eau-forte ou à la pointe sèche, de très nombreuses gravures : figures féminines ou croquis d'intimité familiale. Ses portraits mondains évoquent irrésistiblement les salons parisiens de la fin du xixe s., les silhouettes flexibles des femmes à la mode, les élégances aristocratiques et surannées des soirées de la duchesse de Guermantes. En effet, Helleu, très lié avec Robert de Montesquiou, connut assez vite Proust, à qui il inspira en partie le personnage d'Elstir. Il pénétra dans le cercle choisi de la belle comtesse Greffulhe, dont il grava, en 1891, au château de Boisboudran, 100 études différentes. Esthète fêté, il connut alors le Tout-Paris de la Belle Époque, la grande noblesse (Portrait de la duchesse de Marlborough, 1901, Paris, B.N.), les demi-mondaines (Portrait de Liane de Pougy, 1908, id.) ou les poètes symbolistes (Portrait de la comtesse de Noailles, 1905, id.). Il en fut le chroniqueur fidèle, sachant rendre à merveille une attitude alanguie soulignée de fourrure, la ligne exquise d'un chignon, l'ambiguïté d'un regard à l'ombre d'une voilette ou d'une capeline. Mais sa femme fut toujours un de ses modèles préférés, et ses pointes-sèches familiales, au charme discret, sont peut-être ses meilleures réussites. Il y associait, avec un attendrissement ravi, les frimousses potelées de ses enfants (Madame Helleu et sa fille Paulette, 1905, Bayonne, musée Bonnat). Grâce à ses dons, puis à ceux de sa fille et de deux autres donateurs, le cabinet des Estampes de la B.N. de Paris possède un ensemble incomparable de 500 pièces. Curieusement, ce graveur virtuose, au trait ferme et précis, peignait des toiles impressionnistes, raffinées, floues jusqu'à l'évanescence. Ce sont des intérieurs d'église, où il étudiait le poudroiement coloré de la lumière à travers les vitraux (Vitraux de Saint-Denis, 1890-1892, Boston, M. F. A.). Ce sont aussi des fleurs et des paysages— marines ou vues du parc de Versailles lorsque se confondent les feuilles mortes des arbres et celles tombées, qui recouvrent le sol (Automne à Versailles, v. 1897, Paris, Orsay).

Anglomane, passionné de yachting, Helleu exécuta aussi, sur son bateau, des compositions plus audacieuses, où, à travers les drapeaux et les rocking-chairs, il se souvient de Whistler, de Sargent et de Degas (le Yacht à Deauville, à Rouen, musée de Rouen). Il fut soutenu par Edmond de Goncourt, qui écrivit pour lui, lors d'une exposition à Londres en 1895, une préface élogieuse, complétée en 1913, après ses séjours brillants à New York, par l'hommage lyrique de Robert de Montesquiou.