En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

John Heartfield

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Artiste allemand (Berlin  1891  – id. 1968).

De son vrai nom Helmut Herzfelde, John Heartfield a transformé son nom par goût d'une Amérique libre en opposition à une Allemagne en décadence. Après un apprentissage dans une librairie à Wiesbaden (1905-1906), il suit les cours des Arts décoratifs de Munich (1907-1911) puis ceux de l'École des arts et de l'artisanat de Berlin-Charlottenburg (1912-1914). Avec son frère Wieland Herzfelde, Hannah Höch, Raoul Hausmann, Johannes Baader, George Grosz et Richard Huelsenbeck, il est l'un des principaux représentants de Dada à Berlin. Heartfield met au point et développe une technique dont la paternité est revendiquée par Hausmann et à laquelle il donnera ses lettres de noblesse : le photomontage.

À la différence de la plupart des artistes dada, exception faite de Grosz et de son propre frère Wieland, Heartfield s'engage à fond dans un art militant. Dans un contexte social et politique en crise, et après avoir adhéré au parti communiste allemand (1918), il envisage l'art non comme une fin en soi mais comme un instrument de lutte au service d'une cause révolutionnaire. Après la disparition de Dada à Berlin et jusqu'à la fin de sa vie, il conçoit le photomontage comme un outil de propagande le plus efficace possible. La forme doit coïncider avec le contenu de l'ouvrage auquel il est destiné, et la recherche d'effets plastiques ne doit pas être négligée. Le texte et la légende sont des compléments indispensables au photomontage. Violemment satiriques et irrespectueux ou pathétiques et alarmants, ils renforcent ou transforment le sens de l'image. Travaillant la plupart du temps pour répondre à la demande des éditeurs (notamment des éditions Malik, fondées par son frère), des rédacteurs et des responsables politiques, Heartfield produit des photomontages pour des couvertures et illustrations de livres et de revues, pour des affiches, des tracts. Réfugié en Tchécoslovaquie (1933-1938) et en Angleterre (1938-1950) lors de la montée du nazisme, il y continue son activité pour les éditions Lindsay Drummond. La complicité du capitalisme et des forces destructrices (la Signification du salut hitlérien : des millions sont derrière moi, 1932, photomontage montrant Hitler levant le bras pour saluer et recevant de l'argent d'un gros bourgeois anonyme), la répression et les atrocités de la guerre, l'espoir d'une nouvelle société et la lutte contre le racisme, tels sont les thèmes majeurs de la démarche de Heartfield. Avec rigueur et simplicité, il a fait du photomontage un langage à part entière et s'affirme comme l'un des rares artistes à avoir su concevoir un véritable art pour les masses. Après 1950, il s'installe à Berlin-Est, où il poursuit ses activités en créant les décors et les affiches du Berliner Ensemble et du Deutsches Theater.