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Simon Hantaï

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français d'origine hongroise (Bia, près de Budapest, 1922).

Il fréquenta l'École des beaux-arts de Budapest, puis se rendit à Paris en 1949, attiré d'abord par le Surréalisme. Il peignit alors de curieux " personnages-animaux " (La jeune mouche D. s'envole, 1951), et expérimenta une grande variété de techniques, empruntées ou non au Surréalisme, sorte de répertoire dans lequel il puisa ensuite. Sa première exposition, préfacée par André Breton, eut lieu à Paris à la gal. l'Étoile scellée (1953). Cette période surréaliste évoque d'étranges planches d'anatomie, des entrelacs viscéraux, de grandes formes onduleuses, enchevêtrées, d'allure animale, dans des couleurs somptueuses où jouent les transparences et les moirures. À partir de 1954, Hantaï se détache du groupe, avec lequel il rompt en 1955 ; sa peinture évolue rapidement vers une forme plus abstraite et plus lyrique. L'artiste fait la découverte, capitale, de Pollock. La primauté est alors donnée au geste et à l'explosion de l'instant. En 1956, la gal. Kléber à Paris présente l'exposition Sexe-Prime — Hommage à Jean-Pierre Brisset. L'important tableau (Paris, M. N. A. M.) qui porte ce titre réalise, avec son fantastique enchevêtrement de signes et dans une technique très sûre (la peinture appliquée est retirée par places, laissant apparaître les fonds colorés), la " matérialisation d'un moment de délire érotique ". Hantaï organise ensuite avec Georges Mathieu les Cérémonies commémoratives de la condamnation de Siger de Brabant (Paris, gal. Kléber, 1957), puis expose en 1958 des Peintures religieuses accompagnées d'un violent manifeste. Des recherches nouvelles s'y font jour ainsi qu'une tendance vers un plus grand dépouillement. En 1959, une rétrospective de dix années de peinture est présentée (gal. Kléber). Hantaï rompt bientôt avec l'agitation parisienne et se retire près de Fontainebleau. Vers 1960 apparaissent les Mariales, immenses toiles pliées, nées de recherches pour le vitrail, dont la suite se poursuivra deux ou trois ans, évoluant de la multitude serrée des facettes prismatiques qui occupent la totalité du tableau vers des formes de plus en plus amples, détachées sur fond clair, qui évoquent parfois les " papiers collés " de Matisse (Meun I, 1968). Dans cet esprit, l'artiste réalisa plusieurs " murs ", notamment à Trappes et pour la Maison de France à Jérusalem.

Approfondissant la technique du pliage, il en obtint successivement des formes irrégulières comparables à des feuillages où parties peintes et non peintes sont équivalentes (Études pour Pierre Reverdy, 1968-69), des formes déchiquetées polychromes (1973-74) et, à partir de 1974 (série des Tabulas : Tabulas 1980, Paris, M. N. A. M.), des quadrillages réguliers dont, au début des années 80, il restreindra progressivement le nombre des unités carrées qui les composent en les agrandissant. Ces méthodes répétitives et pour ainsi dire mécaniques, où l'artiste s'en remet au procédé pour élaborer la composition, ont eu une grande influence sur toute une génération de jeunes peintres au cours des années 70. Une exposition rétrospective de l'œuvre d'Hantaï eut lieu au M. N. A. M. en 1976. Il représenta la France à la Biennale de Venise de 1982. Ses œuvres figurent dans plusieurs musées français et étrangers (Buffalo [Albright-Knox Art Gallery], Bruxelles, le Vatican, Paris [M. N. A. M.], Grenoble, Marseille, Saint-Étienne, fondation Maeght, abbaye de Beaulieu) et dans de nombreuses collections dont celle de Peter Stuyvesant.