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Gregorio Guglielmi

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Rome 1714  –Saint-Pétersbourg 1773).

Élève à Rome de Trevisani, il fut en rapport avec Conca ainsi qu'avec les tendances plus récentes illustrées par Subleyras et Benefial ; d'où un certain goût annonçant le Néo-Classicisme qu'on perçoit parfois dans son œuvre, par ailleurs liée à la tradition rococo de la culture romano-napolitaine d'un Conca ou d'un Giaquinto. Guglielmi fut, après Tiepolo, l'un des plus brillants décorateurs italiens du xviiie s., un fresquiste virtuose, habile à faire plafonner des foules allégoriques aux voûtes des palais et des églises. Il orne ainsi de fresques à Rome, l'hôpital de S. Spirito in Sassia (1742), l'église de la Trinità de la via Condotti (1746-1749) et le réfectoire des augustiniens de la via Ripetta, avant de commencer une éclatante carrière européenne. En 1753, il est à Dresde, l'année suivante à Vienne, où il peint l'Allégorie des Quatre Facultés à l'université (1755). Après un retour à Rome et un séjour à Turin, il travaille de nouveau à Vienne (1760-1762), peignant l'une de ses œuvres majeures, les plafonds à fresques de la petite et de la grande galerie du château de Schönbrunn. Ce dernier illustre les Provinces autrichiennes apportant leur tribut à l'Empire, la Vie militaire et les Bienfaits de la paix. Trois esquisses, légères et colorées, pour cet ensemble, se trouvent au Louvre. L'artiste revient ensuite à Rome, puis repart pour Berlin (1763-64), où il décore l'université. Il travaille ensuite à Turin (1765-66), au palais royal, où il peint les Quatre Parties du monde, et au palais del Duca di Genova (palais Chiablese), puis à Bergame (2 toiles dans la chapelle Colleoni). Appelé de nouveau en Allemagne, il réside à Augsbourg (1766-67), peignant au plafond de la salle des fêtes du palais Schaezler (auj. musée) l'Apothéose du Commerce éclairé. Il est alors sollicité par le roi de Pologne Stanislas-Auguste, pour qui il peint une esquisse avec les Quatre Parties du monde (musée de Varsovie) et 3 esquisses pour la galerie d'Apollon au palais d'Ujazdow (Fondation de Troie, Lever du Soleil, Coucher du Soleil), actuellement au musée de Nancy. Mais, au lieu de se rendre en Pologne, il entre au service de la Grande Catherine (1769) et passe, à l'exception d'un court voyage à Paris, les dernières années de sa vie à Saint-Pétersbourg.

Dans ses œuvres les mieux venues, non seulement il fait preuve d'un brio exceptionnel de décorateur monumental (à cet égard, l'ensemble de Schönbrunn peut rivaliser avec celui qui fut réalisé par Tiepolo à Würzburg), mais aussi il témoigne d'un goût franchement moderne pour des sujets contemporains, introduisant dans ses allégories de surprenants " morceaux " d'observation de la vie quotidienne, annonçant (comme l'a observé R. Longhi) directement Goya.