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Urs Graf l'Ancien

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre suisse (Soleure v.  1485  – Bâle v. 1527).

Son père, orfèvre, lui donna les éléments d'une formation poursuivie et achevée à Bâle. En 1503, à Strasbourg, il exécute une série de dessins qui seront xylographiés et publiés par Knobloch en 1506. Les années suivantes le voient à Bâle, à Zurich, à Strasbourg, à Soleure. Emporté par un tempérament tumultueux qui le conduira maintes fois en prison, il passe rarement plus de quelques mois dans la même ville, recevant de nombreuses commandes de dessins qui, grâce à la gravure, sont diffusés et connaissent un succès retentissant (la Vie de Jésus, publiée à Strasbourg en 1508, musée de Bâle). En 1511, il épouse une jeune Bâloise, acquiert le droit de bourgeoisie de la cité rhénane et, l'année suivante, s'engage dans les troupes de mercenaires qui partent au secours de Jules II à Milan. En 1513, il est à Dijon, puis au couvent de Saint-Urbain (Lucerne), où il réalise un Ostensoir et un Reliquaire. Il prend part à la bataille de Marignan. Les documents des années suivantes ne font état que d'une suite de condamnations pour querelles sanglantes et outrages aux mœurs. Banni de Bâle en 1518, Urs Graf deviendra l'année suivante le graveur de monnaie officiel de cette cité. En 1521, il se bat de nouveau devant Milan. Il est mentionné pour la dernière fois en 1526. Il est l'auteur de quelques vitraux (le Banneret, 1507 ; Ulrich de Hohensax, apr. 1515, tous deux à Zurich, Kunsthaus) et de 2 peintures : l'Année sauvage et Saint Georges et le dragon, grisaille sur fond bleu (musée de Bâle). Mais son génie éclate dans quelque 300 gravures et dessins datés de 1503 à 1525, portant presque tous son monogramme.

D'une spontanéité exubérante, mais avec des allures de " peintre maudit ", il puisa ses thèmes parmi les figures qui lui étaient familières, femmes et soldats, croqués avec acuité et humour dans un réalisme gonflé de vie, de frénésie et de mort. Il fut ouvert à toutes les influences et sut les intégrer en un langage original qui évolua avec ses déplacements : gothique au début, puis proche de Schongauer, qu'il copie parfois littéralement. Il s'inspira en même temps des études anatomiques de Hans Wechtlin ou du clair-obscur de Hans Baldung et de la puissance incisive et ironique de Dürer. Après sa première campagne italienne, les thèmes renaissants, frises décoratives, putti, figures mythologiques, firent leur apparition (la Jeune Fille folle, 1513, musée de Bâle ; Madame Vénus et le lansquenet, 1517, Rijksmuseum), et son dessin, tout en conservant la netteté métallique un peu crispée du trait, acquit la souplesse frémissante et passionnée qui fit son renom (le Diable arrêtant un lansquenet en fuite, 1516, musée de Bâle ; Saint Sébastien mourant, 1517, id. ; Flagellation, 1526, id. ; la Vivandière et le pendu, id.).

Personnalité haute en couleur, Graf illustre, par sa vie même, la remise en question du monde médiéval dans les bouleversements politiques et artistiques qui secouèrent l'Europe au début du xvie s.