En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Jan Gossaert

dit Mabuse

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre des Pays-Bas (Maubeuge v.  1478  – Middelburg ? 1532).

On ignore où il fit son apprentissage mais il pourrait avoir été formé à Malines. En 1503, 1505 et 1507, il est inscrit comme maître à la gilde d'Anvers. En 1508-1509, Gossaert voyage à Rome en compagnie de Philippe de Bourgogne, bâtard de Philippe le Bon : plusieurs dessins (Berlin, Leyde, Venise) témoignent du regard qu'il porte dès cette date sur la sculpture antique. L'année suivante, l'artiste se fixe à Middelburg, travaillant pour le château de Soubourg, en Zélande, qui appartenait à ce prélat. De cette période datent un diptyque avec la Vierge et l'Enfant et Antonio Siciliano présenté par saint Antoine (Rome, Gal. Doria-Pamphili), le Triptyque Malvagna (au centre : la Vierge et l'Enfant avec des anges musiciens, Palerme, G. N.) et aussi l'Adoration des mages (Londres, N. G.). On a supposé son intervention dans trois des miniatures du bréviaire Grimani (Venise, Bibl. Marciana), la Trinité, la Pentecôte et la Dispute de sainte Catherine d'Alexandrie, cette dernière portant l'inscription GOSART. Toutes sortes d'influences apparaissent dans ces œuvres, qui témoignent d'emprunts à l'art du xve s., à Van Eyck, à Dürer, aux peintres italiens ; dans Saint Luc peignant la Vierge (1515, musée de Prague), architecture classique et ornements gothiques se mêlent. En 1516, Gossaert participe aux travaux de décorations du cortège funèbre de Ferdinand le Catholique et, en 1517, il exécute à Malines le Portrait de Jean Carondelet priant la Vierge (diptyque, Louvre) et celui de plusieurs gentilshommes. À cette date, il réside à Wiljklez-Duurstede, sur le Rhin, où s'est fixé Philippe de Bourgogne, devenu évêque d'Utrecht en 1517, et où il travaille jusqu'à la mort de son protecteur, en 1524. Ses tendances humanistes s'accentuent sous l'influence de ce mécène et de sa cour et il introduit dans la peinture septentrionale, comme le soulignait dès 1567 L. Guicciardini, les sujets mythologiques et avec eux la nudité héroïque : Neptune et Amphitrite (1516, Berlin), Hercule et Déjanire (1517, Birmingham, Barber Inst. of Arts), la Métamorphose d'Hermaphrodite et de la nymphe Salmacis (1520, Rotterdam, B. V. B.), Vénus et l'Amour (Bruxelles, M. R. B. A.) sont des compositions qui appartiennent nettement à la Renaissance. Des tableaux religieux datés entre 1517 et 1524, seuls deux vraiment importants subsistent : la Vierge avec saint Luc (Vienne, K. M.) et le retable commandé par le banquier Pedro de Salamanca pour sa chapelle dans l'église des Augustins à Bruges (1521).

De retour à Middelburg (1525), l'artiste entre au service d'Adolphe de Bourgogne, marquis de Veere, seigneur de Zélande, chez qui il vit désormais. En relation avec Christian II de Danemark, il peint les Trois Enfants de Christian II (Hampton Court) et dessine entre 1526 et 1528 un projet pour la tombe d'Isabelle d'Autriche, épouse du monarque. De ces dernières années datent encore de nombreuses Vierges à l'Enfant (Metropolitan Museum ; Prado ; Mauritshuis ; Bruxelles, M. R. B. A.), une Danaé (1527, Munich, Alte Pin.), un Christ, homme de douleur (id., auj. perdu), œuvres d'exécution très soignée, comme le sont les portraits (Portraits d'hommes : musée de Kassel ; Londres, N. G. ; Manchester, New Hamp., Currier Art Gal. ; Washington, N. G. of Art ; Berlin ; Portrait d'un couple âgé, Londres, N. G.).

Gossaert a occupé une place très importante dans l'art des Pays-Bas, où, au début du xvie s., il a introduit l'esprit et les formes de la Renaissance italienne. Il reste cependant un peintre de transition influencé toujours par la tradition nordique ; même si dans ses dessins, par exemple, il s'efforce de traiter les thèmes et d'employer, les formes de la Renaissance italienne, son graphisme très nerveux et minutieux demeure dans le ton du maniérisme gothique septentrional et subit l'influence décisive de Dürer. Il faut attendre son élève Lambert Lombard pour voir chez un artiste du Nord s'établir la conviction absolue de la primauté de la Renaissance.

Le catalogue de Gossaert, très important, comprend plus de 80 tableaux et une importante série de dessins, conservés dans des collections publiques ou privées d'Anvers, de Berlin, de Birmingham, de Bruxelles, de Cambridge (Mass.), de Detroit, de Hambourg, de Houston, de La Haye, de Lisbonne, de Londres, de Madrid, de New York, de Nuremberg, de Toledo, de Washington.