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Nuno Gonçalves

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre portugais (actif dans la seconde moitié du xve s. ).

La documentation connue au sujet de ce maître commence en 1450, lors de sa nomination comme peintre du roi Alphonse V, pour se terminer en 1492, date à laquelle on peut présumer qu'il était déjà mort. Nuno Gonçalves peignit en 1470 le retable de la chapelle du palais royal de Sintra, malheureusement disparu. Grâce à la citation de l'artiste portugais Francisco de Holanda, auteur des célèbres Dialogues avec Michel-Ange (1548), on sait qu'il peignit également le grand Retable de saint Vincent pour la cathédrale de Lisbonne, démonté et remplacé à la fin du xviie s. Ce magnifique ensemble de 6 peintures sur bois est actuellement conservé à Lisbonne (M. A. A.). À ce noyau principal viennent s'ajouter, au même musée, par affinités de style et de technique, une demi-douzaine de peintures sur bois, dont les plus intéressantes sont deux panneaux (l'un d'eux est un fragment) représentant, grandeur nature, deux phases du martyre de saint Vincent et un retable avec deux Saints franciscains, surmonté d'une Adoration des mages.

La réputation croissante du vieux maître portugais est issue de cet ensemble exceptionnel de peintures, où ce qui l'emporte est non pas la composition, mais la qualité de son extraordinaire dessin synthétique et de la pénétration psychologique des portraits. Le Polyptyque de saint Vincent nous présente une lointaine et pourtant vivante assemblée, composée de dizaines de personnages d'âges et de conditions sociales les plus variées — princes, prêtres, moines, chevaliers — unies par la même concentration autour d'une énigmatique figure sanctifiée et dont les portraits sont exécutés avec une incomparable économie de moyens. La technique de Nuno Gonçalves, caractérisée parfois par l'emploi, surprenant et moderne, de la matière en pleine pâte, sans les apprêts épais et les recettes précieuses des maîtres flamands, par une application originale d'ombres violacées et par un traitement remarquable des blancs, est parfaitement adaptée à l'expression directe du document humain, saisi dans sa profonde et dramatique vérité intérieure.

Son sens de la couleur, à la fois brillante et " harmonique ", suggère la leçon flamande, qui était alors assimilée par toutes les écoles de la péninsule Ibérique.

Il est difficile d'expliquer sa formation artistique, étant donné que l'on sait très peu de chose sur les ateliers portugais contemporains. L'apprentissage avec Van Eyck, qui se trouvait au Portugal en 1428-29, est une hypothèse exclue pour des raisons d'ordre chronologique et stylistique. On admet, d'autre part, que Nuno Gonçalves se rendit en France en 1476, attaché à la suite d'Alphonse V, lors de la visite que ce dernier rendit au roi Louis XI. Mais un tel voyage, où le peintre aurait rencontré Jean Fouquet, n'est pas documenté et serait une justification trop tardive de son art. On suggère également une relation possible entre la peinture de Gonçalves et celle de l'école d'Avignon, qui serait toutefois le fait d'une évolution commune et spontanée des écoles régionales, éloignées des grands centres créateurs. Au demeurant, le problème subsiste.