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Thomas Girtin

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre britannique (Londres 1775  – id.  1802).

Il apprit à peindre avec un certain Fisher, puis, en 1789, avec l'aquarelliste et topographe Edward Dayes. En 1792, Dayes et Girtin travaillaient en étroite collaboration avec James Moore, spécialiste de l'Antiquité, premier protecteur de Girtin. Celui-ci recevait six shillings par jour de Moore et l'accompagna vraisemblablement en Écosse en 1792. Vers 1790, il fit des estampes en couleurs pour John Raphael Smith, et c'est à cette occasion qu'il rencontra Turner. Au début de sa carrière, son style était très proche de celui de Dayes, mais, en 1794, il commença à acquérir une facture personnelle, comme en témoignent ses dessins : la Cathédrale de Peterborough (1795, Oxford, Ashmolean Museum) et Lichfield West Fronts (id.). Vers 1794, Turner et Girtin travaillaient le soir chez le Dr Monro à copier les dessins inachevés de Cozens. Girtin se décida à visiter en 1796 l'Écosse et le nord de l'Angleterre, où il exécuta des sujets d'architecture (la Cathédrale de Durham, 1799, Manchester University, Whitworth Art Gal.), l'année suivante les régions du Sud-Ouest, enfin en 1798 le nord du pays de Galles. À la fin du xviiie s., il peignit un énorme panorama de Londres (Eidometropolis), présenté au public au moment de sa mort. De 1800 à 1802, il résida à Paris, qui lui inspira une série de croquis gravés à l'eau-forte en manière de crayon, publiée après sa mort et peut-être destinée à l'exécution d'un projet comparable à celui d'Eidometropolis. Il figure sans conteste parmi les plus grands aquarellistes et, s'il n'était pas mort si jeune, il aurait sans doute eu rang parmi les plus grands peintres : " Si Girtin avait vécu, déclarait son ami Turner, je serais mort de faim. " Girtin améliora la technique de l'aquarelle, délaissant le vieux procédé des monochromes colorés pour les tons plus riches de la couleur appliquée directement et l'usage du papier cartouche légèrement grisé ; il mûrit ainsi le style caractéristique de ses dernières années et dans l'Abbaye de Kirkstall, le soir (1800, Londres, V. A. M.), il libère la composition des références à l'Antiquité, l'organise selon les formes naturelles et contrôle de façon magistrale la puissance émotive de la couleur. Il exécuta enfin des paysages purs, représentant surtout les landes et les montagnes. Il peignait hardiment au premier plan une vaste étendue vide conduisant le regard à mi-distance et jusqu'à l'arrière-plan. Sa notion d'espace et sa manière d'agencer collines et vallées sont remarquables.

Avant tout, il libéra l'aquarelle de sa dépendance du dessin architectural et topographique, et il lui assigna un rang honorable, permettant à cette technique de soutenir la comparaison avec la peinture à l'huile. Le British Museum conserve plus d'une centaine de ses œuvres.