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Jochen Gerz

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Artiste allemand (Berlin  1940).

Sans formation artistique traditionnelle et après des études à l'université de Cologne, Gerz crée un œuvre qui se développe à travers un démontage des éléments du langage et de ses articulations, héritier de la poésie visuelle, dans un travail situé entre le réel et sa représentation. Gerz cherche à fonder une " critique de la production sociale dans le secteur de la culture ". Dans le cadre d'une critique d'une information circulant vidée de son sens, il montre l'inaptitude des modes de diffusion visuels (arts plastiques, photographie, cinéma) à transmettre le réel ou les émotions. Les premiers travaux de Gerz illustrent, dans une sorte de négativité, cette impossibilité, dans la société actuelle, de la communication et du langage, ce à travers des actions (Ce que l'on peut décrire peut arriver aussi [Wittgenstein], 1973), des photographies floues (Paul M., 1969-70), des installations éphémères (le mot " vivre " tracé de manière multiple à la craie sur le sol du musée et effacé progressivement par les pas des visiteurs (Leben, 1974). Les œuvres liant photographies et textes, commencées en 1970, prennent l'aspect, à partir de 1975, d'une recherche sur l'origine, à travers le thème du souvenir, de la mémoire, du départ et de l'inaccessibilité, illustrée dans des images redoublées, inversées, créant, dans un usage exclusif du noir et du blanc, des paysages souvent flous ou désolés, dans la lignée du romantisme allemand (série des Foto/Text). Cet intérêt pour l'origine s'exprime dans la série des pièces grecques (dix réalisées de 1975 à 1978), réflexion, sous forme de performances, sur la source du langage ou de la culture (les Difficultés du Centaure à descendre de cheval, Biennale de Venise, pavillon de la R. F. A., 1976).

Les années 80 sont marquées, après un voyage au Canada, par un agrandissement des photographies, toujours entourées de textes, dans des œuvres exprimant, au moyen d'un langage poétique, la réconciliation, dans un état de nature quasi mythique, des hommes et de leur expression artistique, véritable transmission d'un message d'ordre spirituel (les Mots sacrés, 1984, Paris, F. N. A. C. ; le Paradis, 1976, Calais, musée des Beaux-Arts). Des expositions rétrospectives de l'œuvre de l'artiste ont lieu à l'A. R. C., Paris, 1975 ; à Ludwigshafen, Wilhelm-Hack-Museum, 1985 ; à Calais, musée des Beaux-Arts, 1986.