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les Gaddi

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Famille de peintres italiens.

Gaddo di Zanobi (fin du xiiie s.  – 1re moitié du xive s.). À la fois mosaïste et peintre, il est inscrit à la corporation des " medici e speziali " en 1327 — où il semble qu'antérieurement les peintres n'étaient pas admis — immédiatement après Giotto. On le suppose encore vivant en 1333. Les œuvres que lui attribue Vasari sont très différentes, mais celles que l'on peut raisonnablement considérer comme siennes sont les mosaïques du dôme de Florence (Couronnement de la Vierge) et du baptistère (Massacre des Innocents, Dernière Cène, Arrestation de Jésus, Emprisonnement de saint Jean, Guérison du paralytique, Danse de Salomé). Artiste en qui R. Longhi voit un " esprit gigantesque et agité, presque baroque carolingien ", Gaddo Gaddi modifia fortement la " manière grecque " suivant le propre tempérament occidental.

Taddeo (Florence, connu par des documents à partir de 1327 – id. 1366). Fils du précédent, il aurait travaillé, d'après Cennino Cennini, vingt-quatre ans dans l'atelier de Giotto, période qui semblerait se situer entre 1313 et 1337, année de la mort du maître. Il est inscrit en 1327 à la corporation des " medici e speziali ", puis mentionné en 1347 en tête d'une liste des meilleurs peintres de Florence.

Dans les œuvres qu'on attribue à sa jeunesse, comme le Christ mort entre les saints François, Pierre, Paul et Philippe (Capesthorne Hall, coll. Lt.-col. sir W. H. Bromley Davenport), la Maestà fragmentaire de Castelfiorentino (Pise, S. Francesco) ou les fresques des Scènes de la vie de la Vierge et des saints Jean l'Évangéliste et Jean-Baptiste (Poppi, chapelle du château des comtes Guidi), Taddeo part du style de la maturité de Giotto pour donner à l'espace une structure en profondeur reposant sur des recherches empiriques de perspective.

Au cours des deuxième et troisième décennies du siècle, il dut participer aux œuvres collectives de l'atelier de Giotto. Sa collaboration a ainsi été mentionnée par certains critiques tant dans le Polyptyque Stefaneschi (Vatican) que dans le Couronnement de la Vierge (Florence, S. Croce, chapelle Baroncelli). Quand Giotto s'installe à Naples avec son atelier (1328-1333), il est probable que Taddeo soit resté à Florence. C'est en effet à ce moment (à partir de 1328) qu'il paraît vraisemblable de situer l'exécution du cycle de fresques illustrant des Scènes de la vie de la Vierge (id.), où l'artiste apparaît doté d'un style très personnel, bien qu'encore étroitement lié au milieu giottesque. Taddeo se montre sensible à l'esprit inquiet qui anime les recherches de certains disciples frondeurs de Giotto lorsqu'il invente des combinaisons architecturales complexes (l'Expulsion de Joachim, la Présentation de la Vierge au Temple) pour servir de cadre à ses scènes et lorsqu'il crée des effets de lumière nocturne (Annonce aux bergers, Annonce à Joachim) pratiquement uniques dans la peinture de l'Italie centrale du trecento. Taddeo suit les recherches de Maso pour obtenir un établissement plus large de l'espace, comme on peut le constater dans le petit triptyque daté de 1334 (au centre la Vierge et l'Enfant avec deux donateurs ) [musées de Berlin]. Il aboutit au résultat le plus remarquable dans le paysage illimité, vu " à vol d'oiseau ", qu'il figure dans les scènes de la Légende de Job (Pise, Camposanto), qui datent sans doute de 1342.

Par la suite, il se cantonnera dans les limites d'un même style pratiquement immuable, comme en témoignent, entre autres, le polyptyque (Madone et l'Enfant avec les saints Jacques, Jean l'Évangéliste, Pierre et Jean-Baptiste, l'Annonciation et 8 Saints, Pistoia, S. Giovanni Fuorcivitas) dont un document atteste les dates de commande (1347) et de paiement (1353) et la Madone avec des anges, datée de 1355, provenant de l'église S. Lucchese à Poggibonsi (Offices).

Parmi les autres œuvres qui lui sont dues, on peut citer les 26 petits panneaux quadrilobés illustrant la Vie du Christ et celle de Saint François, qui ornaient les armoires de la sacristie de S. Croce (auj. 22 à Florence [Accademia], 2 au musée de Berlin, 2 à l'Alte Pin. de Munich), l'Annonciation du musée Bandini de Fiesole et quelques fresques : la Déposition de croix fragmentaire au musée de S. Croce, le même sujet dans la chapelle Bardi di Vernio de la même église, qui possède également une grande fresque de Taddeo, dans l'ancien réfectoire (l'Arbre de la Croix, la Cène, quatre scènes de la Vie des saints) et une autre dans la sacristie (la Crucifixion). Taddeo a peint aussi à fresque la Crucifixion à l'église d'Ognissanti.

Agnolo (documenté à Florence à partir de 1369 –Florence 1396). Fils de Taddeo, il fut dans sa jeunesse sous la dépendance d'Orcagna, comme le montre un panneau (Vierge et saints) conservé à la G. N. de Parme daté de 1375. Vers 1380, il est chargé de la décoration du chœur de S. Croce à Florence, où il représente sur les murs latéraux 8 Scènes de la légende de la Croix, à la voûte le Christ, saint François et les Évangélistes, sur les côtés de l'entrée et sur le mur des fenêtres des Saints. Dans cet ensemble considérable, l'artiste fait preuve d'un goût du paysage et de la caractérisation des personnages qui révèlent une influence gothique d'origine septentrionale, peut-être transmise par les fresques de la chapelle Bardi de S. Maria Novella, dues au peintre bolonais supposé " Dalmasio ". Agnolo dirigea un atelier très actif, qui donna de nombreuses peintures sur bois et des fresques, comme celles de la chapelle Castellani de S. Croce, où sont représentées des Scènes de la vie des saints Nicolas, Jean-Baptiste, Antoine abbé et Jean l'Évangéliste. Ses dernières œuvres attestées sont la décoration de la chapelle de la Sainte-Ceinture, qui illustre des Scènes de la vie de la Vierge et la Légende de la ceinture de saint Thomas dans la cathédrale de Prato (1394-95), et le retable de S. Miniato al Monte (Saint Jean Gualbert, Saint Miniato, Scènes de la vie du Christ, 1394-1396).