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Hinrik Funhof

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre allemand sans doute originaire de Westphalie (actif à Hambourg et à Lüneburg entre 1475 et 1485).

Sa culture porte une forte empreinte des Pays-Bas, et le style de ses œuvres permet de supposer qu'il fut l'élève de Dirk Bouts ; les rapports entre les manières sont si étroits qu'il est vraisemblable que les tableaux de Justice de l'hôtel de ville de Louvain (auj. Bruxelles, M. R. B. A.), laissés inachevés par Bouts, aient été terminés par Funhof. Il est possible que l'apprentissage de celui-ci dans l'atelier de Bouts ait duré jusqu'à la mort de ce dernier, car c'est à cette date que des pièces d'archives signalent Funhof pour la première fois à Hambourg, où il reprend l'atelier de Hans Borneman dont il épouse la veuve. Funhof semble avoir tenu le premier rang parmi les peintres de la ville : il est " Öldermann " de la confrérie de Saint-Thomas-d'Aquin de 1480 à 1482, et les paiements s'échelonnant entre 1479 et 1484 rétribuent l'exécution d'un grand retable pour l'église Saint-Georges (auj. disparu) ; mais le travail le plus important de l'artiste est sans doute le retable de la cathédrale peint pour la confrérie du couronnement de Notre-Dame, également disparu, mais connu par une aquarelle de J. T. Arends, qui permet de juger sinon du style, du moins de l'ordonnance de cette œuvre, d'une belle envergure. Funhof semble avoir également travaillé pour le chapitre de la cathédrale de Hambourg et le couvent de Havestehude, mais il ne subsiste rien de tous ces travaux. En fait, les seuls tableaux qui nous soient parvenus — et dont l'authenticité soit confirmée — sont les volets du grand retable de l'église Saint-Jean de Lüneburg (1482-1484). Il s'agissait de la rénovation d'un retable plus ancien, dont six peintures devaient être exécutées, mais dont quatre seulement sont de la main de Funhof. Chacun de ces panneaux illustrait une scène principale et plusieurs scènes secondaires des Légendes de saint Georges, de saint Jean-Baptiste, de sainte Ursule et de sainte Cécile. Ces peintures, d'un type flamand très prononcé, qui témoignent d'un sentiment de l'espace inconnu jusque-là en Allemagne du Nord, d'un sens de la composition et du coloris que l'artiste avait hérité de Bouts, gardent pourtant un accent très personnel, particulièrement sensible dans l'observation des visages, admirablement individualisés. Ces volets, qui s'inscrivent parmi les œuvres les plus précieuses de la peinture médiévale à Lüneburg, semblent avoir été le dernier ouvrage de Funhof, dont le nom apparaît sur le registre des morts de la confrérie de Sankt Joost au printemps de 1485, l'artiste ayant été sans doute victime d'une épidémie de peste l'hiver précédent.

On reconnaît encore comme étant de sa main le tableau votif provenant du monastère de Marie-Madeleine à Hambourg, très repeint, qui représente la Vierge dans le Temple vêtue d'une robe semée d'épis (v. 1480, Hambourg, Kunsthalle), thème iconographique rare. A. Stange cite deux œuvres attribuées récemment au maître avec quelque vraisemblance : les Noces de Cana (coll. part.) et la Multiplication des pains (v. 1481, musée de Münster).