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Helen Frankenthaler

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre américain (New York 1928).

Élève de Tamayo et de P. Feeley, elle suivit en 1949 les cours de Meyer Schapiro à Columbia University avant de participer, l'année suivante, à la Summer School de Hans Hofmann à Provincetown. Sa première exposition personnelle eut lieu en 1951 à la gal. Tibor de Nagy (New York).

Helen Frankenthaler joua un rôle primordial dans le développement de la peinture abstraite américaine après la guerre. Très jeune, elle sut assimiler les influences de Pollock, de Gorky et de Kandinsky. Tout en retenant dans sa célèbre toile Mountains and Sea (1952) un équilibre des volumes qui n'est pas sans rappeler les Jardins de Sochi de Gorky (1941, New York, M. O. M. A.), elle sut résoudre le conflit caractéristique des œuvres de la première génération abstraite entre dessin et peinture en employant une technique d'application directe du pigment sur la toile. Ce procédé permet à la couleur de s'épancher " naturellement " sur la toile, de s'y " dessiner " et de mettre en valeur l'existence même de celle-ci. Connu sous le nom de " soaked " ou de " stained canvas ", il fut, dès lors, adopté par des peintres tels que Morris Louis et Kenneth Noland, qui, grâce à Clement Greenberg, devinrent familiers de l'œuvre de H. Frankenthaler dès 1953.

Les empreintes de couleur prirent dans les tableaux une importance de plus en plus grande, faisant passer au second plan les aspects narratifs ou anecdotiques de la toile : Jacob's Ladder (1957, New York, M. O. M. A., Mauve District, 1966, id.).

Depuis les années 60, obéissant à la même exigence, Frankenthaler a utilisé successivement des formes plus denses et maîtrisées, des effets de fluidité d'une couleur unique ou le blanc de la toile en réserve, repoussant la couleur sur les bords de la toile. En 1975, elle a fait une série de peintures sur céramique, aux tons délicats. Modulant de grandes plages de couleurs, Frankenthaler continue de disposer sur ses toiles des combinaisons de signes calligraphiques, taches, traits, parfois empâtements et de longs plans de couleurs fluides (Salomé, 1978, Vienne, M. A. M.), l'œuvre étant parfois inspirée par les maîtres classiques (Portrait de Marghareta Trip, 1980, d'après Rembrandt). L'artiste est bien représentée dans les collections américaines (New York, M. O. M. A., Whitney Museum ; Washington, Hirshhorn, N. G. ; Los Angeles, County M. A.). Sa peinture est régulièrement présentée à New York (gal. André Emmerich), où son œuvre graphique a été exposé en 1984 (Guggenheim Museum). Une rétrospective a eu lieu en 1989-90 (New York, Fort Worth, Detroit, Los Angeles).