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Nicolas Francés

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre espagnol (actif à León entre 1434 et 1468).

" Maestre Nicolas Francés " est la figure principale, et la mieux connue, de la peinture castillo-léonaise dans la première moitié du xve s., époque de transition où le " style international " du siècle précédent survit encore, avec sa grâce parfois maniérée, mais s'adapte aux ressources neuves de la technique à l'huile et au dessin plus musclé, qu'introduit dans la Péninsule le voyage de Jan Van Eyck. Les origines et la jeunesse du peintre restent obscures : sans doute pèlerin de Compostelle, il venait peut-être de Bourgogne. Mais, à partir de 1434, on le trouve à León, et d'assez nombreux documents nous renseignent sur son domicile, proche de la cathédrale, sur ses deux mariages avec des Léonaises, sur ses activités multiples au service du chapitre ou de l'aristocratie : peintre, dessinateur de vitraux, miniaturiste, doreur, décorateur de bannières. Son œuvre capitale fut le grand Retable de la cathédrale (av. 1435) : grandes scènes de la vie de la Vierge, de l'histoire de l'évêque saint Froilan, de l'invention du corps de saint Jacques en Galice, avec de nombreuses figures de saints isolées. Démonté malheureusement au xviiie s., dispersé entre plusieurs églises, le retable est aujourd'hui replacé, mais incomplet. Quant au cycle de peintures murales du cloître (Passion du Christ), qui appartiennent à une époque ultérieure (1451), elles sont très endommagées, mais attestent l'évolution du peintre vers un style plus grave et plus monumental. La similitude de style permet d'attribuer à Francés d'autres ouvrages, notamment le retable de la chapelle du Contador à S. Clara de Tordesillas (prov. de Valladolid) et celui de La Bañeza (prov. de León), acheté en 1930 par le Prado (Vie de la Vierge ; Scènes de la vie de saint François). À travers ces œuvres, Francés se détache, avec une personnalité très attachante, par l'élégance du dessin, la vigueur des portraits, mais plus encore par l'esprit d'observation, le sens du détail pittoresque et parfois de l'humour. C'est un chroniqueur vif et charmant de la vie espagnole à l'époque de Jean II.