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Sam Francis

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre américain (San Mateo, Californie, 1923  – Santa Monica 1994).

Après des études de médecine et de psychologie à l'université de Berkeley, il est mobilisé dans l'aviation de 1943 à 1945. Blessé et hospitalisé, il commença de s'intéresser à la peinture à l'instigation d'un ami, David Parks, professeur à l'École des beaux-arts de San Francisco, et exposa pour la première fois dans cette ville en 1948. En 1950, il se rend à Paris, où il réside longtemps en dehors de fréquents séjours à New York et en Californie et de voyages autour du monde de 1957 à 1959, qui le mènent au Mexique, en Inde, en Thaïlande, à Hongkong et au Japon, où il s'arrête plusieurs fois pour travailler. Il retourna aux États-Unis en 1961 et s'installa en 1962 à Santa Monica, en Californie.

C'est à Paris que Sam Francis a d'abord été connu et estimé ; dès 1952, la gal. Nina Dausset lui organisa sa première exposition, que deux autres devaient suivre bientôt à la gal. Rive droite, la première préfacée par Georges Duthuit en 1955 et la seconde en 1956 sous l'égide de Michel Tapié, qui, dans Un art autre, avait déjà situé Sam Francis parmi les " signifiants de l'informel ", auxquels il apportait, après Pollock, une nouvelle dimension spatiale à l'échelle américaine (Deep Orange and Black, 1954-55, Bâle, Kunstmuseum). C'est en effet le sentiment de l'espace, lieu d'épanchement de la lumière, qui conditionne l'expression " tachiste " de Sam Francis, lequel a précisé pour lui-même que " l'espace, c'est la couleur " et reconnu dans ce sens l'importance de l'exemple de Monet, de Bonnard et de Matisse. Par de larges et vigoureuses taches de couleurs, claires ou foncées, il module la surface des grands formats, qu'il travaille volontiers, pour créer des espaces mouvants imprégnés d'une vie intense (In Lovely Blueness, 1955-1957, Paris, M. N. A. M.). Dans ses " bleus " (série Blue Balls, 1960-65), il a distendu de plus en plus les intervalles séparant les taches de couleurs, qu'il repousse vers les bords de la toile pour faire éclater la " forme ouverte " du blanc. C'est en effet aux différentes façons d'étendre ou de restreindre ce blanc originel par divers cadrages ou réseaux de tracés gestuels que Sam Francis va se consacrer principalement. À partir de 1975, une de ses méthodes les plus courantes consiste à le diviser régulièrement par un quadrillage de la surface du tableau, la peinture étant passée au rouleau avec des reprises ultérieures à la main. Ses œuvres sont conservées dans de nombreux musées américains (notamment à New York, M. O. M. A. et Guggenheim Museum, au Museum of Contemporary Art de Los Angeles, par une donation de dix œuvres en 1993) ainsi qu'à Londres (Tate Gal.), à Paris (M. N. A. M.) et à Zurich (Kunsthaus). Mais c'est à Tōkyō (musée Idemitsu) qu'est réuni le plus important ensemble de ses peintures. Une grande rétrospective a été présentée en Allemagne (Bonn) en 1993 et une exposition les Années parisiennes, 1950-1961 a eu lieu à Paris (G. N. du Jeu de Paume) en 1995-96.