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Jean-Louis Forain

Jean-Louis Forain, le Veuf
Jean-Louis Forain, le Veuf

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre et graveur français (Reims 1852  – Paris 1931).

Cet artiste à l'esprit caustique fut le plus féroce des successeurs de Daumier. Comme lui, il observa avec ironie l'égoïsme sordide d'un certain monde bourgeois, de vieux messieurs concupiscents, de petits rats ambigus, de maquerelles et de jeunes femmes sans scrupules (Dans les coulisses, 1906, Londres, Courtauld Inst. ; le Repos du modèle, musée de Dunkerque). Le succès de Forain comme caricaturiste mondain fait trop oublier qu'il fut surtout un dessinateur politique et social, imposant avec force ses idées humanitaires. Il collabora à l'illustration de tous les journaux satiriques de l'époque, le Scapin (1876), le Courrier français, le Fifre (1889-90), les Temps difficiles (1893), le Figaro (jusqu'en 1925). Il y fustigeait les affameurs, les parlementaires véreux, les juges et les avocats dans d'amers croquis incisifs et des lithographies vivantes, presque toujours soulignés d'une courte légende cruelle. Il y exprima aussi ses révoltes de polémiste lors du scandale de Panama et, paradoxalement, dans le Pss't (1898-99) ses opinions antidreyfusardes virulentes durant l'Affaire Dreyfus. Si les affiches de Forain ont le plus souvent la vigueur de ses charges (la Bohème, de Puccini), ses pastels sont très influencés par Degas, qu'il admirait vivement. Il exposa d'ailleurs assez régulièrement avec les impressionnistes entre 1879 et 1886. Son œuvre peint est moins connu et mérite pourtant l'admiration. Ses tableaux montrent une mise en page étudiée (le Veuf, Salon de 1885, Orsay), un coloris sombre éclairé par endroits de lumières crues et une pâte épaisse, posée en touches larges et espacées (la Plaidoirie, 1907, id.). Il s'y éleva parfois jusqu'à un romantisme douloureux (la Maison retrouvée, 1918, musée de Nantes). Très lié avec J.-K. Huysmans, dont il avait illustré les Croquis parisiens (1880), Forain réalisa aussi de belles eaux-fortes religieuses (le Calvaire, 1909 ; Pietà, 1910), très marquées par Rembrandt, et des toiles fortes inspirées par l'Évangile (le Repas à Emmaüs, 1926). Une exposition au musée Marmottan, à Paris, a présenté en 1978 les différents aspects de son œuvre en insistant sur les œuvres moins connues de la fin de sa vie, d'une facture à la fois plus mouvementée et plus elliptique.