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Govert Flinck

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre néerlandais (Clèves 1615  – Amsterdam 1660).

C'est Lambert Jacobsz, de passage à Clèves v. 1630, qui l'engagea à peindre et le fit venir à Leeuwarden dans son atelier, où se trouvait aussi Backer, artiste qui suivra une évolution très comparable à celle de Flinck et dont les larges dessins de nus ont tant de points communs avec ceux du maître de Clèves. C'est également avec Backer que Flinck passe ensuite à Amsterdam dans l'atelier de Rembrandt, v. 1632-33. Il travaille à son compte à partir de 1636, date de ses premiers tableaux connus, comme la Bergère (Brunswick Herzog Anton Ulrich-Museum), qui fait pendant au Berger du Rijksmuseum représentant peut-être Rembrandt en berger. C'est le type même d'un excellent élève de Rembrandt, habile à saisir la facture du maître et se hissant parfois presque à son niveau ; mais, tout comme Bol, il fut trop vite flatté par ses succès de portraitiste à la mode pour échapper à la manière mondaine et décorative de Van der Helst et trop ambitieux pour ne pas céder au goût de la grande peinture d'histoire baroque italo-flamande, qui fut commun à tant de rembranisants infidèles (Lievens, Bol, Backer, Ovens, Victors et Albert Eeckhout).

Dans sa première période, la meilleure, Flinck multiplie à la fois les portraits, les têtes d'études, les scènes religieuses, comme en témoignent son Isaac bénissant Jacob (1638, Rijksmuseum) ou d'attachants portraits, tels que Graswinckel et sa femme (1646, Rotterdam, B. V. B.) ou la Fillette du musée de Nantes, dont les fonds de paysage sont traités dans une belle matière blonde nerveusement triturée. Son rôle précoce dans le domaine du paysage a d'ailleurs pu être récemment souligné (Paysage au pont et aux ruines, 1637, Louvre ; Paysage à l'obélisque, Boston, Gardner Museum, longtemps donné à Rembrandt). Parmi les nombreux chefs-d'œuvre de ces années, citons encore l'incandescent Archer noir (Londres, Wallace Coll.) attribué à Rembrandt jusqu'en 1913, la Petite Fille (1640, Mauritshuis) aux blancs lumineux et nourris, le Jeune Garçon (1640, Birmingham, Barber Inst. of Art), la Jeune Bergère du Louvre, le rayonnant Samuel Manasse ben Israël du Mauritshuis, autre tableau de Flinck portant la signature jadis falsifiée de Rembrandt. Au nombre des tableaux religieux, on relèvera quelques fidèles et heureuses démarcations de Rembrandt, comme l'Annonce aux bergers (1639, Louvre) ou le Sacrifice d'Abraham (1636, Munich, Alte Pin.), immédiatement inspiré par le Rembrandt de l'année précédente (Ermitage). Après 1640, cette influence s'affaiblit : les grands tableaux de corporations militaires de 1642, 1645 et 1648 (Rijksmuseum), habiles mais sans grande originalité par rapport à ceux de Van der Helst, confirment le succès du portraitiste devenu le rival de l'auteur de la Ronde de nuit (pendants, daté, 1646, du Gentilhomme et sa femme de Raleigh, North Carolina Museum ; Couple du musée de Karlsruhe). Le peintre d'histoire n'est pas moins flatté avec les commandes de grandes toiles allégoriques d'un baroque triomphal bien fait pour plaire au poète Vondel, qui surnommait Flinck l'" Apelle de Clèves ", telles que la Naissance (et la mort) du prince Guillaume Henri de Brandebourg (Potsdam, Sans-Souci) ou la Mort du stadhouder Frédéric Henri d'Orange (1654, Rijksmuseum). Le couronnement de la carrière de Flinck devait être ainsi obtenu avec sa Prière de Salomon (1658) et son Marcus Curius Dentatus (1656), gigantesques machines théâtrales, peintes pour le nouvel hôtel de ville d'Amsterdam (auj. au palais royal du Dam, les tableaux étant toujours en place). Bien plus, en 1659, c'est Flinck qui recevait l'immense commande de 12 tableaux historiques pour le même édifice, 8 grandes toiles étant destinées à célébrer la lutte nationale des Bataves contre les Romains, et 4 plus petites à évoquer divers héros du passé. Mais, dès 1660, l'artiste disparaissait, ne laissant que 4 compositions sommairement ébauchées (l'une d'elles, reprise par Jürgen Ovens en 1662, remplacera la Conjuration de Claudius Civilis, exécutée par Rembrandt, mais refusée), et la commande sera répartie entre Bol, Lievens, Backer, Jordaens et Rembrandt lui-même.