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Emil Filla

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre tchèque (Chropyně, Moravie, 1882  – Prague  1953).

Il se forma à l'Académie des beaux-arts de Prague, où il se lia à de jeunes peintres avec lesquels il constitua, en 1907, le groupe des Huit. Il voyagea en Allemagne, en France, aux Pays-Bas et en Italie. Comme d'autres artistes de sa génération, il s'intéresse à Munch, à Liebermann, à Cézanne, étudie aussi Daumier et Greco. Ses débuts relèvent du Fauvisme, et les tableaux de la période des Huit témoignent d'une puissante exaltation spirituelle, que souligne le symbolisme de la couleur (le Lecteur de Dostoïevski, 1907, musée de Prague ; l'As de cœur, 1908, id. ; le Bon Samaritain, 1910, id.). Cette expression du drame de la vie intérieure se transforme après 1910 au contact des œuvres de Braque et de Picasso. La découverte du Cubisme devait marquer par la suite une grande partie de l'œuvre de Filla. Doué d'un sens aigu du réel, celui-ci dépassa rapidement le Cubisme expressionniste tchèque, dont il fut un des initiateurs, pour interpréter les objets dans un Cubisme très orthodoxe. Entre 1912 et 1914, il peint des natures mortes aux couleurs sobres et met l'accent sur les qualités matérielles des objets : Nature morte à la carte (1914, musée de Prague). Cette orientation s'affirme pendant la guerre, à Rotterdam, où son sens de la matière picturale fut stimulé par la peinture hollandaise du xviie s. De retour à Prague en 1920, il reste fidèle au thème intimiste de la nature morte, où le quotidien est transfiguré, spiritualisé, tandis que sa palette s'avive. Après 1925, l'expression de Filla, jusqu'ici délicate, devient plus robuste, jusqu'à l'agressivité : Nature morte à la tête de sanglier (1927, id.). Au cours des années 30, la composition s'assouplit, espace et formes sont suggérés par des lignes continues : le Peintre (1934, musée de Hradec Králové). À la même époque, et dans le même esprit, Filla exécute de remarquables petits bronzes. Peu avant la Seconde Guerre mondiale, il peint des tableaux expressifs sur les thèmes du combat et de la violence, allégories sur les horreurs pressenties de la guerre (la Mort d'Orphée, 1937, musée de Prague), au cours de laquelle il fut interné à Buchenwald. Après la Libération, il fut nommé professeur à l'École des arts et métiers de Prague. Des œuvres de l'artiste ont été présentées à l'exposition Cubismes tchèques (Paris, C. C. J.) en 1992.