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Alejo Fernández

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre espagnol (Cordoue v.  1475  – Séville 1545 ou 1546).

Cet artiste vraisemblablement d'origine germanique (un document mentionne " Maestro Alexo, pintor alemán ") domine l'école andalouse du premier tiers du xvie s. Gendre du peintre cordouan Pedro Fernández, il réside jusqu'en 1508 à Cordoue ; de cette période datent le Christ à la colonne (musée de Cordoue) et le triptyque de la Cène (Saragosse, basilique du Pilar), qui témoignent de recherches nouvelles, situant les personnages dans de vastes perspectives architecturales. Cette étape semble s'achever avec l'installation du peintre à Séville, où l'appelèrent les chanoines de la cathédrale et où il se fixa définitivement. L'étude de la figure humaine l'emporte sur la traduction de l'espace dans sa première grande œuvre : le retable de la cathédrale (Rencontre à la Porte Dorée, Nativité de la Vierge, Adoration des mages, Présentation au Temple), où des réminiscences gothiques se manifestent dans les sources d'inspiration (gravure de Schongauer pour l'Adoration des mages), dans la richesse du décor et la minutie des détails. Comme ses contemporains castillans, Fernández puise son inspiration à des sources flamandes et italiennes ; le traitement des draperies et de certains visages présente des affinités avec le style de Quentin Metsys et des maniéristes anversois, et aussi avec les peintres de la dernière génération du quattrocento. On a remarqué le caractère " bramantesque " de certaines de ses architectures figurées (Flagellation du Christ, Prado). Les commandes affluent à l'atelier de Fernández, qui compose des retables selon une nouvelle ordonnance, groupant les divers personnages, précédemment juxtaposés, autour d'une figuration centrale (1520, Séville, retable de la chapelle de Maese Rodrigo ; Marchena, retable de l'église S. Juan). Le thème favori de l'artiste est la Vierge à l'Enfant, toujours empreinte de douce mélancolie (Vierge à la rose, Séville, église S. Ana ; Vierge allaitant, couvent de Villasana de Mena, détruit en 1936). La technique soignée de ses premières peintures ne se retrouve pas dans les œuvres de la fin de sa vie, où le dessin moins sûr, les proportions et les attitudes souvent incorrectes trahissent l'intervention de collaborateurs (Pietà, 1527, cathédrale de Séville). La Vierge des navigateurs (v. 1535, Alcázar de Séville), abritant sous son ample manteau navigateurs, marchands et capitaines, reprend le thème médiéval de la Vierge de miséricorde, renouvelé par l'épopée des conquistadores.