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Lyonel Feininger

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre américain (New York 1871  – id. 1956).

Feininger reçoit de ses parents une première formation de violoniste : ayant, en 1887, gagné l'Allemagne afin d'achever ses études musicales, il découvre sa vocation de peintre et abandonne la musique. Il étudie à Hambourg, à Berlin, à l'Académie Colarossi de Paris et débute en 1893 à Berlin comme caricaturiste dans des publications satiriques telles que les Lustige Blätter ou le Harper's Young People. De 1906 à 1908, il réside de nouveau à Paris, où il publie des bandes dessinées dans le Chicago Sunday Tribune. En 1911, après avoir séjourné à Londres et à Berlin, il est de retour à Paris, où il rencontre Robert Delaunay, expose au Salon des indépendants et découvre le Cubisme.

Durant ces premières années, son art s'inspire d'une sorte de Modern Style international où se retrouvent aussi bien la manière de Beardsley que celles de Lautrec ou de Steinlen (l'Émeute, 1910, New York, M. O. M. A.). En 1912, il rencontre Kubin, les peintres expressionnistes du groupe Die Brücke et se lie avec Schmidt-Rottluff. Avec Marc, Klee et Kandinsky, il participe en 1913 aux manifestations du Blaue Reiter à Munich et à Berlin. Son art subit une dernière influence, celle du Futurisme, pour parvenir à une expression originale où formes et espaces s'interpénètrent et se dissolvent dans le dynamisme des couleurs (le Bateau à aubes, 1913, Detroit, Inst. of Arts ; Autoportrait, 1915, University of Houston). Sa première exposition personnelle a lieu à la galerie Der Sturm (Berlin) en 1917. En 1918, il rejoint le Novembergruppe. Appelé par Walter Gropius, il rejoint le Bauhaus de Weimar en 1919, pour lequel il grave le frontispice du manifeste inaugural (Cathédrale de l'avenir). Jusqu'en 1933, il va enseigner la peinture et la gravure au Bauhaus. Pendant l'hiver de 1918-19, il taille plus de cent planches sur bois où se révèle l'originalité de son style, fondé sur les contrastes de valeurs, les formes anguleuses, les réseaux de lignes parallèles. Il fonde en 1924 avec Kandinsky, Klee et Jawlensky le groupe éphémère Die Blauen Vier (" les Quatre Bleus "), héritier de Der Blaue Reiter. Les thèmes architecturaux alternent avec des séries de marines, de vues campagnardes ou urbaines alors que la structure subtile et savante des plans subit une stylisation qui la réduit aux horizontales et aux verticales : le Vapeur " Odin " (1924, musée de Halle), série des Gelmeroda (1926, Essen, Folkwang Museum), Kolberg (1930, id.). Le Bauhaus ayant été fermé en 1933 et Feininger mis au rang des peintres " dégénérés ", il part enseigner en 1936 en Californie avant de s'établir à New York en 1937.

Dans les œuvres américaines, l'architecture reprend quelque importance, notamment dans la série des Manhattan (New York, M. O. M. A.), mais elle est toujours traitée poétiquement. Attiré par la technique de la lithographie, Feininger exécute de nombreux paysages (Dorfkirche, 1954 ; Manhattan II, 1951, Lugano, coll. Ketterer) où des taches de couleurs aux frontières imprécises couvrent une construction très dense de lignes fines et toujours droites. Pratiquement inconnu en France, il a joui, à son retour aux États-Unis, d'un vif renom. Il est représenté dans les musées allemands (Essen ; Hambourg ; Cologne ; Munich, Neue Pin.), dans les musées américains (New York, Guggenheim Museum et M. O. M. A. ; Philadelphie ; Detroit ; Minneapolis ; Saint Louis, Washington University, Gal. of Art) et au M. N. A. M. de Paris. Une importante exposition Feininger a eu lieu à Lugano (Suisse) en 1991.