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Jean Fautrier

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre et sculpteur français (Paris 1898  – Châtenay-Malabry 1964).

Après la mort de son père, il suivit sa mère à Londres et fut admis, à quatorze ans, à la Royal Academy, où il eut Sickert comme professeur. À sa formation anglaise il doit sans doute le goût des procédés graphiques, aquarelle et pastel surtout, qui accompagnent, devancent souvent l'œuvre peint. Mobilisé en 1917, il revint en France ; gazé et réformé, il se fixa après la guerre à Paris. Il fit en 1921 la connaissance de Jeanne Castel, dont le soutien lui fut durablement acquis, et exécuta ses premiers tableaux la même année. Jusqu'en 1930, il exposa assez régulièrement au Salon d'automne (1922), au Salon des Tuileries (1924), plus fréquemment dans des galeries, chez Fabre, Zborowski, Paul Guillaume, avec qui il fut en contrat, Bernheim-Jeune, Jeanne Castel. Ses débuts (1921-1925) s'accomplirent sous le signe d'une réaction anticubiste marquée par Derain surtout (nus, portraits, natures mortes), tandis que des scènes de mœurs (filles au bordel, aquarelles, sanguines) révèlent des affinités avec Dignimont et Carco. De fréquents voyages dans des contrées peu sophistiquées (Tyrol, 1921 ; Bretagne ; Causses, 1925 ; Port-Cros, 1928 ; Alpes françaises et Chamonix souvent) stimulèrent une évolution rapide dès 1926 en faveur d'une expression très allusive : glaciers et lacs, gris et froids (1925-26), natures mortes, fleurs, nus, paysages, évoqués dans une gamme très sombre (nus noirs de 1926), relevée de gris et d'ocre (la Jolie Fille, 1927, Paris, M. A. M. de la Ville). Un dessin incisif, comme un trait gravé, anime souvent l'effet de matière, notamment dans les grandes natures mortes, qui sont, avec celles de Soutine, les plus originales de cette période (le Sanglier, 1926-27, Paris, M. N. A. M. et M. A. M. de la Ville). En 1928, Fautrier exécute pour l'Enfer de Dante des lithographies d'une liberté d'interprétation inédite, préludant, avec les petits pastels et les paysages contemporains, aux pratiques de la peinture dite " informelle " (le Maquis, 1928). Après 1930, l'artiste délaisse progressivement la peinture à l'huile sur toile : un support de papier marouflé reçoit un enduit épais relevé d'un graphisme léger et de teintes claires à l'encre, à l'aquarelle ou au pastel. Après une longue période d'activité réduite et de retraite dans les Alpes (Val-d'Isère, Tignes), c'est dans cette technique que fut réalisée la série des Otages (1943), exposée en 1945 à la gal. Drouin à Paris et qui fit la célébrité de l'artiste. Elle fut aussi le point de départ de variations nouvelles sur le paysage, l'objet (1955), le nu (1956) toujours privilégié. Désormais, la réalité qu'implique le thème est à la fois niée et mise en évidence par un réseau de subtils échanges entre le descriptif et le suggéré. L'œuvre gravé, entrepris à partir de 1923, s'est surtout développé après 1940 (suite des petits nus, eaux-fortes, 1941). Fautrier est également l'auteur de sculptures, d'illustrations pour Madame Edwarda et Alleluiah de G. Bataille (1947), Lespugue de R. Ganzo (1941), et il a mis au point un procédé de reproduction, les " originaux multiples ", exposés à Paris en 1950 et en 1953, à New York en 1956. Il est surtout représenté à Paris (M. A. M. de la Ville et M. N. A. M.), au musée de l'Île-de-France à Sceaux, au musée de Grenoble, au M. O. M. A. de New York. En 1985-86, deux expositions distinctes ont porté sur la période de ses débuts : Fautrier 1925 (Musée de Calais) et Fautrier 1925-1935 (Sted. Museum, Amsterdam et Kunsthaus Zürich). Le Cabinet des Estampes de Genève a édité en 1986 le catalogue raisonné de son œuvre gravé. Une exposition a été consacrée à l'artiste (M. A. M. de la Ville de Paris) en 1989.