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Ger Van Gerard Pieter Elk

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Artiste néerlandais (Amsterdam 1941).

L'œuvre de Ger Van Elk se déploie dans le domaine fragile qui lie les données du réel, de la perception et des codes permettant de représenter cette réalité afin de la rendre intelligible. En ce sens, les notions de perspective et de symétrie sont au cœur des manipulations que l'artiste fait subir à l'espace. Après des études à l'Institut d'art appliqué d'Amsterdam de 1959 à 1961, et après avoir suivi les cours d'histoire de l'art, d'abord à Immaculate Heart College de Los Angeles, de 1961 à 1963, puis à l'université d'État de Groningue, en 1965-66, l'artiste s'engage dans une voie assimilable au courant conceptuel, dans des œuvres où les matériaux et les moyens sont employés en fonction de leur aptitude à rendre l'idée initiale avec la plus grande rigueur possible. Ses premières réalisations mettent ainsi en œuvre des environnements s'opposant à la normalité des situations : séparation d'un escalier par un drap tendu (Apparatus Scalas dividens, présenté lors de l'exposition " Op Losse schroeven ", en 1969, aujourd'hui au Stedelijk Museum d'Amsterdam), plinthe recouverte de moquette sous une colonne de pierre taillée (Arsenal d'Amalfi, 1968). En 1970-71, cette attitude de recherche du contraste se marque dans des œuvres prenant pour thème des peintures du xxe s., dans un processus de réinterprétation photographique (À propos de la réalité de G. Morandi, 1971, Rotterdam, B. V. B.). En 1972, Van Elk devient professeur aux Ateliers 63 à Haarlem ; il expose alors régulièrement, particulièrement à la gal. Art and Project d'Amsterdam. Il participe aux Documenta de Kassel de 1972, 1977 et 1982. Tout au long des années 1970, l'artiste met en cause la relation que nous entretenons avec la réalité dans le cadre de nos habitudes culturelles, par exemple à travers la photographie de presse (la Symétrie de la diplomatie, 1971-72), où l'absence d'un personnage sert de révélateur. Une série d'œuvres joue sur les déplacements de sens opérés soit par la prise en compte de la spécificité du matériau (la Gravité spécifique de l'imagination artistique, 1972), soit par la mise en forme du matériau illusionniste par excellence qu'est la photographie (Sculpture Roquebrune, 1979, Harlem), Frans Hals Museum, soit encore par les distorsions créées sur une image par un support mou (Sculpture sportive, 1980). L'utilisation de la peinture vient renforcer dans de nombreux cas l'ambiguïté de la représentation (série des Paysages symétriques, 1975 ; série des Adieu, 1974). Au cours des années 1980, toute une série d'œuvres se fonde sur une interprétation de la peinture classique, dans un retour à l'usage du cadre et de la surface plane. Le thème de la nature morte est ainsi interrogé dans la série des Fleurs (1982), qui mêle des vases à la mode et des taches de peintures modernistes, et dans la série des Vanités, qui jouent sur la distorsion perspective des cadres (Counter Kalf, 1988). De même, Van Elk travaille sur le portrait, qui devient soit interrogation sur l'œuvre des maîtres hollandais du xviie s. (les Maîtres du style occidental, 1987, Rotterdam, B. V. B.), soit reflet de l'attitude de l'artiste contemporain face à la peinture (Portrait of Red, Yellow and Blue, 1987, musée de Grenoble).

L'œuvre de Ger Van Elk a fait l'objet d'une rétrospective en 1980-81 à Paris, M. A. M., et à Rotterdam, B. V. B.