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Jean Duvet

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Graveur français (Langres v. 1485  –Langres v. 1570).

Fils d'un orfèvre bourguignon renommé, Duvet grave au burin, d'abord à Dijon, sur des planches de petites dimensions, des sujets bibliques qu'il signe du monogramme I.D. ; puis, sous l'influence de graveurs italiens (Marcantonio Raimondi, Mantegna) et de Dürer, sa manière évolue, mais elle restera toujours marquée par la technique décorative et stylisée de l'orfèvre. En 1521, Duvet s'établit définitivement à Langres : il y travaille comme orfèvre et donne des projets pour les Entrées royales (1521, 1533) ; cette dernière activité renforce son goût pour l'allégorie, où s'exprime une conception mystique de la religion, souvent marquée par le protestantisme : Jean Duvet fit partie du conseil des Deux-Cents à Genève.

On ne connaît de lui que de rares gravures signées et datées (l'Annonciation, 1520). Son œuvre capitale, l'Apocalypse figurée — suite de 28 gravures conçue dès 1546, comme le montre le privilège de 1555 —, fut publiée à Lyon en 1561 ; remarquable est aussi l'Histoire de la Licorne (on a surnommé Duvet le Maître à la Licorne ), 6 planches, v. 1560, fantastiques et violemment expressives, d'une exécution particulièrement soignée, peut-être destinées à la publication. Il faut sans doute placer à la fin de sa carrière des gravures inachevées, comme le Désespoir et le suicide de Judas ; Saint Sébastien, saint Antoine et saint Roch, aux formes plus linéaires, détachées sur fonds clairs.

On a tenté d'attribuer à Duvet des dessins (la Création du monde, Louvre), d'une façon qui paraît peu convaincante. Son style, volontiers emphatique, où des préciosités se mêlent à une naïveté de primitif, est la synthèse d'influences diverses : italienne, allemande, bellifontaine. C'est un grand visionnaire, dont l'œuvre originale, très rare, reste isolée dans l'art du xvie s.